CHSLD Harricana d’Amos « Il y a eu des manquements importants» -Jacques Boissonneault

Le directeur du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT), Jacques Boissonneault a qualifié d’accablant le rapport du Protecteur du citoyen au sujet du CHSLD d’Amos.

«On s’arrache encore les cheveux à comprendre une telle chose » a lancé Jacques Boissonneault en point de presse.

Dans ce rapport, le Protecteur du citoyen a conclu que d’importantes lacunes étaient présentes dans la qualité des soins et services ainsi que dans le milieu de vie du CHSLD Harricana. Le rapport dénonce également l’approche d’intervention préconisée par une infirmière en position de gestion. Cette dernière est d’ailleurs suspendue avec solde pour le moment.

Le document de 22 pages soulignes plusieurs problèmes dans l’établissement. Il est entre-autre question d’absence de priorisation des besoins des résidents, de mesures de contrôle inadéquates, de gestion déficiente des difficultés comportementales et d’entraves à la participation des familles et l’exercice de représailles. La situation du 4e étage de l’établissement a été ciblée plus particulièrement dans le rapport.

Le Protecteur du citoyen a fait 10 recommandations au CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, son pdg assure que ses recommandations seront mises en place dans les plus brefs délais.

Voici d’ailleurs un extrait du rapport présentant les 10 recommandations :

  1. Procéder à une révision en profondeur de l’organisation des soins et des services fournis au 4e étage du Centre afin qu’en conformité avec l’approche milieu de vie, les besoins et le rythme des résidents qui y vivent soient mis en priorité;

  2. Conduire une démarche d’évaluation et d’amélioration des attitudes ainsi que des comportements de chacun des membres du personnel du 4e étage du Centre;

  3.  Réévaluer, en équipe multidisciplinaire, chacune des mesures de contrôle utilisées auprès des résidents du 4e étage du Centre en s’assurant qu’elles sont appliquées dans le respect des règles et des droits fondamentaux des personnes concernées

  4. Obtenir un redressement de la situation relative à l’application des mesures de contrôle au 4e étage afin que le personnel de soins et de gestion applique ces mesures dans le respect des règles et des droits fondamentaux des personnes concernées;

  5. Se doter d’une procédure visant à assurer la pérennité du redressement visé à la recommandation R-4 afin que l’utilisation des mesures de contrôle soit en tout temps effectuée dans le respect des règles et des droits fondamentaux des personnes concernées;

  6.  Élaborer un plan interdisciplinaire de réponse aux difficultés comportementales de chacun des résidents du 4e étage qui le requièrent, en s’assurant que l’approche et les interventions préconisées reposent sur une compréhension approfondie du vécu des résidents et des meilleures pratiques en la matière;

  7. Se doter d’un cadre de travail interdisciplinaire afin de faciliter la collaboration, la communication ainsi que la constance dans les interventions et les soins fournis aux résidents par les différents membres de l’équipe clinique;

  8. Prévenir et refuser que soit exercée toute mesure de représailles ou de harcèlement à l’égard de résidents, de proches, de familles ou de membres du personnel qui exprimeraient des insatisfactions, des préoccupations ou des questionnements;

  9. Favoriser la participation des proches et des familles dans la planification et l’organisation des soins et services fournis aux résidents du Centre;

  10.  Conduire une démarche d’enquête administrative sur les pratiques de gestion à l’origine des lacunes constatées au regard de la qualité des soins, des services et de l’approche auprès des résidents du 4e étage, en confiant cette démarche à un comité formé de personnes expertes et indépendantes.

Une enquête indépendante a été demandée par le CISSS-AT et devrait débuter dans les prochaines heures.

Écoutez les commentaires du pdg du CISSS-AT: