Pourquoi faire le choix de revenir en région?

La plupart d’entre vous et moi avons un point en commun: nous avons grandi en région. Nous avons grandi dans une région éloignée, tellement éloignée, que les gens de la grande ville se sentaient obligés de nous lancer des commentaires ou questions comme «Est-ce que vous avez l’électricité en Abitibi?»… question à laquelle nous avons tous roulé les yeux, désespérés par tant d’ignorance. Je suis certaine que, tout comme moi, à l’adolescence, vous avez rêvé de quitter la région pour aller conquérir Montréal (ou New York, selon vos ambitions). Certains courageux ont quitté la région pour aller découvrir la grande ville, que ce soit en quête de nouveauté et de changement ou pour aller étudier dans de grands centres. Et c’est ben correct. Mais je sais que nous sommes plusieurs à avoir ainsi compris que l’essentiel, ce n’était pas de quitter, mais de revenir. Si vous êtes encore en exil hors de la région, vous vous demanderez peut-être «Mais pourquoi faire le choix de revenir?». Ce à quoi je vous répondrai qu’il y a des centaines de raisons, mais voici les miennes qui, je l’espère, deviendront peut-être les vôtres.

Retrouver nos racines

Je ne parle pas ici de squatter le salon de vos parents pour retracer l’historique de vos racines familiales, à travers un arbre généalogique et beaucoup de recherches Google. Retrouver nos racines, c’est aussi de se recentrer après quelques années ailleurs. C’est de se souvenir d’où l’on vient, après avoir vécu des expériences totalement nouvelles et enrichissantes ailleurs. C’est de retrouver de vieux amis et se remémorer des souvenirs à en oublier la raison qui nous a poussés à partir. C’est de regarder autour de nous et se rappeler que c’est cet environnement-là qui nous a fait grandir et qui, à un certain niveau, a forgé notre identité.

Se concentrer sur l’essentiel

Les études et les nouvelles amitiés hors de la région sont des souvenirs précieux à conserver TOUTE votre vie. J’ai quitté l’Abitibi trois ans pour étudier à Sherbrooke et si c’était à refaire, je ne changerais absolument rien. Même si je me suis ennuyée à mourir de ma famille et mes amis, j’ai vécu trois années qui m’ont rendue plus solide, plus authentique et plus ambitieuse. Par contre, au bout de ces trois années en Estrie, je ressentais le besoin de me concentrer sur l’essentiel et de me rapprocher de ma famille et de mes amis. Revenir en région, c’est un peu comme des grosses retrouvailles: on retrouve les parents, les frères, les soeurs, les meilleurs amis, les bonnes connaissances… mais on retrouve aussi ces visages rassurants que l’on connaît par coeur, avec qui on a grandi: la serveuse au resto du coin, la caissière de l’épicerie, les amis de nos grands-parents, qui se font un plaisir de nous rappeler qu’on a donc ben grandi… Et puis ça, pour moi, c’est l’essentiel.

Adopter la région, adopter un mode de vie

Les gens de l’Abitibi, on a tous un gros sentiment d’appartenance envers notre région. On est des gens accueillants, humains, vrais et, avouons-le, «vraiment d’adon». Et quand on quitte notre belle Abitibi, c’est ça qui nous manque. C’est ces gens-là, qu’on croise sur la rue, qui n’hésitent pas à nous saluer, même si nous ne les connaissons pas (parce que bien souvent, eux, ils nous connaissent). Le retour en région, c’est le retour à un mode de vie moins effréné, mais tout aussi stimulant, que dans les grands centres. Un mode de vie où on prend le temps de faire et de dire les choses, où on passe plus de temps en famille qu’en métro, où on a le pouvoir de faire ce qu’on veut, comme on le veut… Parce qu’en région, contrairement à ce que beaucoup de gens de la ville croient, tout est possible.

À tous les exilés qui doutent encore, on compte sur vous pour revenir et faire de notre région un lieu magique où même l’impossible est possible!