Il est passé où, mon havre de paix?

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Serge Trudel
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Un autre meurtre à survenir dans la région de Val-d’Or ces derniers jours.

« Hein ? Comment ça un autre ? Dramatise pas, y’en a pas tant que ça ! »

Ah non ? Ok, on se met des œillères comme d’habitude et on se dit que tout va bien ?

Paraît que le centre-ville est « rough » ? Pis ? On a juste à pas y aller. Dans le coin du centre d’achats, c’est « safe » !

Je garde mes lunettes roses, ou on se dit les vraies affaires ?

Ok, je disais donc : un autre meurtre à survenir dans notre p’tit « far west » et cette fois, à deux pas de chez ma nièce qui vient d’avoir un bébé. Oh, il dramatise encore, en y ajoutant cette fois-ci une touche personnelle…

Ok, j’suis supposé faire quoi, trouver ça normal ? Banal ? On est rendu là ?

Oui, j’en ai peur. Quelqu’un m’a dit récemment : « C’est comme ça depuis plus de vingt-cinq ans anyway, pourquoi capoter ? C’est pas nouveau !  C’est juste un ou deux meurtres par année, ce n’est pas si pire… »

Pas si pire ? D’abord un seul, c’est un de trop. Et pour une population comme la nôtre, un ou deux, bon an mal an, c’est énorme ! Ça nous confère une place parmi les endroits les plus hautement criminalisés au pays, pour l’ampleur de la population. Pas si grave ? Et là on parle seulement des meurtres, on ne parle pas de drogues, de violence, de racisme…

Un ex-policier de Val-d’Or et ami d’enfance, soulignait la chose cette semaine sur les réseaux sociaux. Ça m’a fessé. Il ajoutait que si nous savions la moitié de tout ce qui se passe, on serait tous déménagés depuis longtemps ! Certains l’ont fait, plusieurs même…

Alors pourquoi rester ?

Parce que ça s’adonne que je l’aime, moi, cette ville perdue, à cinq heures plus loin que cet endroit baptisé « La Porte du Nord », dans les Laurentides. Je viens d’ici. Ma famille, ma gang sont ici. Oh, j’suis parti à quelques reprises comme bien d’autres, pour le travail, les études, mais j’suis toujours revenu. J’ai élevé mon fils ici.  C’est mon port d’attache, mon havre de paix.

Attendez, qu’est-ce que j’viens de dire ? Havre de paix ? Pour désigner une ville qui fait les manchettes parce que trois de ses bons citoyens s’évadent de prison en hélicoptère, en plein jour !? Une ville où, au club vidéo où j’allais louer « Nemo » ou « Histoire de Jouets » pour mon fils, on pouvait semble-t-il payer nos frais de retards dans le bureau du boss en glissant l’argent discrètement ? Cet endroit qui s’est fait coller une étiquette pas très belle suite à la diffusion à la télé d’état d’allégations touchant sa police?  Havre de paix ? Vraiment ?

C’est ce qui est véhiculé dans les brochures et dépliants en tout cas. C’qu’on nous y montre, c’est du bois, des lacs et des rivières, des grands espaces, les plus beaux sentiers de motoneige au monde et des gens chaleureux. Oui, tout ça existe. Tout ça est vrai, beau et on y est bien pour vrai.

Mais aujourd’hui, Val-d’Or, c’est malheureusement un havre de paix uniquement si on décide de ne pas voir ce qui s’y passe vraiment, en se sauvant au chalet le vendredi quand le « shift » est fini.

Ce même policier dont je vous parlais plus haut (qui a, vous aurez deviné, fortement inspiré cette réflexion par sa franchise), a aussi écrit : « J’ai déjà voulu qu’on publie, dans un journal, tous les évènements qui survenaient ici à chaque jour, et ça m’a été refusé… J’allais faire peur au monde de Val-d’Or, en leur montrant la réalité à laquelle les policiers étaient confrontés… et je vous parle de v’la 15 ans ! »

Que ça fasse 15 ou 25 ans que c’est comme ça importe peu. Ça fait un bout. Trop longtemps. Et les solutions, je ne les ai pas. Mais je demeure convaincu que si nous admettions que cette ville souffre d’un taux de violence et de criminalité plus élevé que la moyenne et que ça a pas d’allure de trouver ça normal, ce serait déjà mieux que de se sauver au camping en se faisant croire que tout est correct. Ce serait déjà ça. On dit qu’admettre est souvent un pas dans la bonne direction. Et comme vous, j’suis un peu tanné qu’on parle de ma ville à l’émission « Enquête ».

***Les opinions exprimées dans ce texte sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de MédiAT***

18 commentaires sur Il est passé où, mon havre de paix?

  1. Très bien dit Serge. Il est le temps que le monde de Val-d’Or se réveillent, s’enlèvent leurs oeillères et qu’ils admettent la vérité. Je lisais un blog cette semaine sur Fort Mc Murray et ça vient rejoindre ton texte au sujet des boom towns. Ce n’est pas sain qu’un jeune pas de scolarisation qui se met à faire de gros salaire. Souvent ça mène à des difficultés comme nous connaissons. Drogue, prostitution, alcoolisme et violence. À Val-d’Or c’est l’arbre qui cache la forêt !

  2. Ça fait bientôt 3 ans que j’ai quitté Val-d’Or (pour Laval et puis Québec) et chaque fois que je lis des articles concernant Val-d’Or, et que j’entends des feedbacks de la part des gens de Québec, ce me fait de la peine de voir que les Valdoriens et Valdoriennes ne se couchent le soir en se demandant si leur ado ne se fera influencer par des dealers, s’ils peuvent marcher au centre-ville sans assister malgré eux à une transaction ou pire encore, à un meurtre. Bref tanné d’entendre « Ça joue rough là-bas »! J’étudie en tourisme et ce genre de fait divers peut, selon moi, finir par dissuader des gens de visiter la région si la vérité n’est pas dite et que les citoyens ne sont pas (excusez le terme anglais) « aware » de la situation.
    Wake up gens de Val-d’Or ! Faites vous confiance pour régler ça!

  3. Les gens qui démenage en croyant qu’ils n’y as pas de meutre ou de criminalité aillieur c’est ce mettre une oreillère deux fois plus épaisse. Je ne crois pas me sentir en danger au centre ville de val d’or pas plus que laval,mtl,quebec..ou le reste du canada, la bourgeoiserie rend aveugle.

  4. Il na dans toute les osti ville fack 1 ou 2 va tu sempecher vivre pour sa wtf montreal et quebec ser bien pire et les etat pis il vie pareil pense tu avec le nombre habitant sa va pas arriver le monde meur pas juste de cose naturelle reveiller cest un cicle de la vie comme a toute les osti ville qui est 100 mille personne ou 40 mille sa en fait normal manner est des meurte quoi sesoit le monde est pas parfait fack opire demenage pis ferme ta geule serge

  5. Je donnais des cours de conduite a Val-d’Or avant et des jeunes me disait parfois qu’ils trouvaient ca cool que la ville avait le surnom de little montreal ….Je me fesait un plaisir de leur rappeler que c’était a cause de la dope, des meurtes,des gang, dla violence pi de la prostitution, question de leur faire réaliser a quel point la réputation de la ville était pas si rose qu’ils pouvaient croire et aussi que c’est toute sauf badass d’avoir ce surnom de marde la.

  6. Wow et re wow vraiment bien dit!!!!!!!!!!!!!! Et pourquoi c’est pas comme ça à Rouyn , Amos ou ben La Sarre????? Bizarre que ça soit juste ici hein!!!!!Faudrait quasiment faire une étude!!!!!!! Mais pour ça faut qu’il y en ai qui se sorte la tête du sable par contre!!!!! C’est encore un havre mais pas de paix ça c’est sûr!!!!!

  7. Sa fais quelque année que j’y pense de partir et cette année je part de Val-d’or. Je vais élever mes enfants ailleurs pour une de ses raison (trop de criminalité). Les enfants sont très influençable. Oui c’est une belle ville, j’y ai passé ma vie ici mais la ville a bien changer. Les gens on aussi bien changer. Malheureusement, c’est une minorité qui fais du grabuge. Mais je part quand même.

  8. Très bien écrit Serge!! Moi j’ai habité Val-d’Or pendant 40 ans, je n’y vis plus depuis maintenant 10 ans. Parcontre j’y retourne fréquemment pour visiter mes parents et amis. J’ai vu ce qui se passe chez vous et si on trouve que ça empire, je ne crois pas… La différence entre aujourd’hui et avant c’est qu’on est plus au courant… La police ne peut plus tout cacher maintenant avec les médias, cellulaire, internet… Tout y est plus accessible, donc on en sait plus… Dans mon temps aussi et la je parle des années 80, un policier que je connaissait bien m’a mentionné la même chose… » »Fais attention, ne reste jamais seule le soir après 21h p.c. que si le monde savait, ils restereraient chez eux!!!! » »
    Ce qui m’inquiète pour Val-d’Or, c’est que les jeunes familles ne viendront pas s’installer, de peur pour leurs enfants….
    Pour ma part, je ne pense pas jamais retourner vivre à Val-d’Or et pourquoi? A cause des décisions que M. Trahan a prisent jadis!!! Dans le fond, ceci a un rapport flagrant avec ce qui se passe en ce moment… Salut!!!

  9. Hey reveillez vous !!! Tes enfants seront pas plus a l’equart des drogues dans une autre ville a moin de demenager dans une forêt…encore là ils risquent de manger des champignon empoisonné ! Seriez vous plus a l’abris aillieur…??? Je ne crois pas !!! Croyez vous que les drogues sont le probleme…. regardez autour de vous ! Ceux qui ce sentent en danger avez vous sortie de vos vehicule pour regarder et observer les agissement de la ville ??? Arreter de pleurer il y a bien plus a craindre selon moi

  10. Je suis né dans cette municipalité.
    Je ne suis pas des plus fort et des plus imposants mais jamais je ne me suis senti en insécurité face à cette violence,
    Ce que j’ai pu constater durant mon adolescence, c’est que les principaux acteurs qui font pleuvoir ces crimes, sont aussi les principaux participants,
    Ce que veut dire que celui qui a reçu une balle l’a possiblement chercher, souvent relier au crimes organisés, car oui à Val d’or c’est très présents.
    Pour ce qui est de la drogue, je l’accord que c’est partout et les chances d’éloigner ton enfant de ce phénomène est très faible, car d’une manière ou d’un autre, ton enfants va finir par rentrer en contact avec une drogue. Que ce soit avec les Autochtones, les blanc et maintenant, les noir de Montréal, car dans mon enfance, il n’en avait quasiment pas de Noir, la drogue et la violence va toujours être présent tant et aussi longtemps que les bars et drogues soient les ressources les plus lucratives de la ville.

    Ça fait maintenant plus de 10 ans que j’ai quitter ma ville car elle n’avait rien à m’offrir d’autres que les drogues et bar et l’année après mon départ, les premières personnes du Ghetto montréalais prenais leur place et ont poursuivis le combat pour contrôler la ville. Avant que tous ça arrive, seulements les motards avaient un certains contrôle et si quelqu’un de trop imposant tentais de prendre sa place, il s’organisait pour le tasser sans trop de fracas, mais aujourd’hui, la guerre est ouverte et la place est libre. Alors, le centre-ville devient un marché fort lucratif pour tous les types de dealers.

  11. ont as bien bo dire ce qu ont veut valdor c est ma terre natal le ptit msieur qui vas a la messe tout les dimenche na rien na crindre pour sa vie c est l argent la dope pis l cul qui mene le monde joue avec des abeille un jour tu vas te faire piquer
    as toi de batir ton avenir

  12. Notre societe d’ajd a besoin de guerison et de prieres. Comment avancer ensemble so personne s’y met. Il faut apprendre a nos jeunes la solidarite de venir en aide l’un de leur. Avec Bonne foi, on peut y mettre du changement. Priez et garder espoir.

  13. J ai crissé mon camp de valdor il y a 10ans et j ai aucun regret , ses la chose la plus intelligente que j ai fait .
    Le seul regret ,ses d avoir laissé ma mere la bas , donc j y vais une fois par année et elle vien me voir .
    J habite quebec , tres belle place tranquil , ses un gros vilage .
    Bon courage a vous .

  14. Quoi sa donne de etre pour ou contre pis de vous estiner et dire a lautre de fermer sa gueule?? Drete icitte, wake up pis arreter dagir en enfants.

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