Vivre dans une région où tout est possible

Ado, je croyais que le fait de vivre en région éloignée était un frein à tous mes rêves de grande envergure. Je croyais que la magie, ça se passait juste à Montréal, et un peu à Québec. Je pensais vraiment que ma région me tirait vers l’arrière et que je devais m’en détacher pour réaliser mes grandes ambitions de jeune fille créative, rêveuse et audacieuse. Et puis j’ai vieilli. J’ai arrêté de voir l’Abitibi comme mon handicap. Je l’ai observé sous un autre oeil. Et bam! La révélation. Oui, les grands centres offrent des opportunités incroyables. Mais ce qui est en beau, en Abitibi, c’est qu’on a le pouvoir de créer nous-mêmes nos propres opportunités incroyables. Sceptiques? Laissez-moi vous convaincre!

J’ai habité à Sherbrooke pendant trois ans, avant de revenir m’installer dans ma région natale. C’est à Sherbrooke que mes rêves les plus fous ont commencé à prendre forme. J’ai lancé un blogue, qui roule encore tempête à ce jour. Je me suis lancée dans l’univers mystérieux qu’est YouTube, pour y parler de tout et de rien, avec une communauté stimulante et vraiment hallucinante. J’ai eu des idées à la tonne. Certaines se sont réalisées, d’autres ont été mises sur la glace. Quand j’ai eu à faire le choix de revenir en région ou non, j’ai beaucoup réfléchi. Puis, j’ai arrêté de réfléchir, et j’ai décidé d’écouter uniquement mon coeur. Et mon coeur, il le savait très bien que je devais revenir, que j’avais de belles choses à accomplir, dans cette région qui m’habitait, même si moi je n’y habitais plus. Et c’est au moment où j’ai remis les pieds dans ma Vallée-de-l’Or que j’ai compris que ce je faisais, c’était vraiment moins reconnu ici. J’ai compris qu’à Sherbrooke, les gens ne saisissaient pas tout à fait quel était mon rôle de blogueuse, mais qu’à Val-d’Or, c’était bien pire. Mais ceux qui me connaissent savent qu’il en faut beaucoup plus que ça pour me décourager. C’est donc avec le sourire que j’ai compris que j’avais un beau défi, juste devant moi. Comme j’adore les défis, j’ai plongé tête première dans celui-là en me donnant comme mission de faire reconnaître ce que je faisais, parmi la population de l’Abitibi, en éduquant les gens sur la blogosphère et sur le phénomène YouTube et, éventuellement, en prouvant à tous que je pouvais vivre de ma passion, que je sois en Abitibi, à Montréal ou à Baie-Comeau. Ma réalité de blogueuse en région est totalement différente de la réalité des blogueuses jet-set de Montréal. Et ça me va. Parce que ma région me définit et qu’être blogueuse dans cet environnement rend mon travail encore plus authentique.

Bref. C’était une bien belle histoire pour vous dire qu’en Abitibi, y a pas grand chose d’impossible. Des fois, on doit travailler plus fort. Des fois, on a envie de baisser les bras. Des fois, on se trouve loin du reste du Québec. Mais surtout, des fois, on a le pouvoir de devenir maître de notre région, un pas à la fois. Et ça, c’est le genre de sentiment que j’aime bien. Si vous croyez que vos rêves ne peuvent se réaliser qu’en grand centre, prenez un pas de recul et essayez de voir de quelle façon vous pourriez les réaliser, ici. Je suis prête à gager que 90% de vos rêves sont réalisables, dans cette région où tout (ou presque) est possible.