Dépoussiérer des souvenirs avec nos aînés

En août 2017, j’ai perdu mon grand-papa. Pour vous, ça ne signifie probablement pas grand-chose. Mais pour moi et mes 8 oncles et tantes, mes 16 cousins et cousines, ma vingtaine de petits-cousins et petites-cousines, c’est le drame qui a habité notre dernière année. Je n’écris pas ces lignes pour recevoir de la pitié ni pour vous casser les oreilles avec les millions de qualités de mon grand-papa-super-héros. J’écris plutôt ces lignes pour vous ouvrir les yeux sur cette richesse sous-estimée: nos aînés, si grands, si puissants… et si souvent délaissés.

Dans les dernières années de vie de mon grand-papa, je suis allée le visiter régulièrement à la résidence où il habitait. Ne plus être 100% autonome, ne plus être dans SON environnement… C’était ça, son drame. Mais pour beaucoup d’autres aînés qu’il côtoyait quotidiennement, leur drame était la solitude. Et ça, ça m’a toujours bouleversée. Grand-papa recevait de la visite presque tous les jours alors que d’autres aînés étaient seuls depuis des semaines, peut-être même des mois. Pourtant, ils avaient tellement de belles et grandes histoires à raconter, tellement d’expériences à partager, tellement d’amour à donner (et à recevoir, même s’ils étaient plus à l’aise d’offrir sans compter!)… Ils avaient tellement de sourires à offrir, d’écoute attentive à accorder, de souvenirs à dépoussiérer… Ils avaient tellement de chansons à fredonner, de questions à poser, de blagues à raconter… Et si j’en parle au passé, c’est que je sais que pour certains, le point de non-retour a été atteint et que plus jamais nous n’aurons l’occasion de partager ces moments si précieux avec eux. C’est regrettable de savoir que de si grandes richesses n’ont pas été exploitées, qu’elles ont été oubliées dans un environnement totalement déstabilisant, sans même recevoir de réconfort de ce qui peut leur rappeler leur vie d’avant. On a peut-être tous des vies très occupées, mais en revoyant nos priorités, on remarque que c’est vraiment facile de prendre du temps pour aller visiter un aîné plutôt que de flâner sur Facebook pour lire des histoires vides de sens de gens dont on ignore presque tout.

Je vous encourage vraiment à prendre quelques minutes pour aller visiter un aîné de votre entourage, que ce soit un parent, un grand-parent, une tante, un oncle, un voisin, un ancien collègue… Votre simple présence pourrait tout changer, mettant du soleil dans leur journée, mais probablement dans leur mois au grand complet. Et vous serez probablement les premiers surpris de constater tout ce que cette simple visite peut vous apporter. Dépoussiérer des souvenirs avec mon grand-père aura été notre principale activité ensemble et je suis fière de dire que j’ai beaucoup plus appris à travers ses histoires que dans n’importe quel livre.