Jour 1 – La fin/Le début

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard

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« L’amour est mort. Plus de mystère, plus de cachette. Plus rien, en fait. Sans même y penser, d’un geste rude et sec, on débranche. On coupe le fil. D’ailleurs, même si on sait qu’il n’y a plus de chances de survie, on espère toujours. L’espoir, ce fléau datant de la nuit des temps, ce salaud d’antan.

C’est mentir que de dire qu’on ne savait pas qu’il était sur le respirateur artificiel. Le souffle court, un râle de fin de parcours, mais toujours là. Pas la même volonté de le garder en vie de chaque côté, pas nécessairement la même réciprocité, mais toujours là. Pourtant, plus le temps passe, plus l’on se lasse. Ça gruge l’énergie, l’artificiel. En amour comme dans la vie, le concret prime. »

Ces mots. Les miens. Écrits en novembre 2012. Près de 6 ans plus tard, toujours d’actualité alors qu’encore une fois, l’amour est mort. L’amour est mort et les interrogations fusent. Les constatations aussi. Un constat d’échec. Bien que douloureux, voire dévastateur, cet échec doit cette fois servir. Pour que les interrogations meurent à leur tour. Que ces interrogations ne reviennent jamais, mais que l’amour, lui, oui. Parce que la vie est un cycle, non? C’est ce qui explique probablement que 6 ans plus tard, je me retrouve au même endroit. Pas la même personne ni la même plume, je reviens au même endroit. Cet endroit de douleur, de peine, de questionnements où chaque jour est un combat pour guérir, chaque minute une guerre pour ne pas flancher à l’idée de reconquérir, supplier, se souvenir. Il y a 6 ans, je suis parti en voyage. Un périple de découvertes qui m’a mené dans d’autres cœurs, d’autres têtes, d’autres bouches, d’autres lits et me voilà de retour à cet endroit que je refuse trop souvent d’explorer : le rejet. Cette destination reconnue pour briser des estimes, où l’inflation de tristesse est en hausse et la confiance en rupture de stock, dont la capitale est la solitude. Plus je me questionne, plus la peine et la douleur me rongent, plus je réalise que je ne suis pas seul. Que je ne suis pas le seul habitant de la rupture amoureuse. C’est là que réside le début de cette aventure, dans cette envie qu’on parte ensemble. Parce que ce n’est pas vrai qu’une introspection doit nécessairement se faire seul, que la guérison passe par l’isolement. Et autant je me sens perdu, autant je ne sais pas où je vais, j’ai la ferme impression que ça passe par ici, avec toi. Que ma peur de l’autre doit cesser, que tu es un cadeau que je me fais. Et j’ose espérer t’aider quelque part sur notre route. Parce qu’elle sera longue, ardue, pénible. Les plaines se feront rares puisqu’il est question de remonter au sommet. Pour planter mon drapeau sur la montagne qu’est mon cœur. Paraîtrait-il qu’il faut s’aimer soi-même pour permettre aux autres de nous aimer. Et je me suis toujours aimé, mais du bas de la montagne. Il est temps que je m’appartienne, que ce soit moi que je conquière plutôt que les autres. Pendant la prochaine année, je grimpe vers la paix intérieure, l’acceptation de ce qu’est la vie. Comme je t’ai dit, peu importe tu viens de quel endroit, que la lumière ou l’obscurité règne sur toi présentement, je t’invite. 365 jours de peine d’amour, c’est un chemin vers l’inconnu, en espérant qu’il s’appelle guérison.

D’ici là, une étape à la fois, nous n’en sommes qu’au jour 1… tu peux m’aider à monter la tente si tu veux.