Jour 18 – Hangover

365 jours de peine d'amour

Aujourd’hui, je me permets de tout briser entre nous. Je t’écris, tu me lis et il n’y a rien d’autre. Il n’est aucunement question d’une montagne à gravir ensemble, d’un amour qui a poussé son dernier souffle à l’hôpital, de mon cœur dans une prison parce qu’il continue d’aimer une femme qui est déjà ailleurs, donc qui ne le séquestre pas, ni de covoiturage de l’âme et j’en passe. Il ne s’agit que de figures de style et d’une exploitation de champs lexicaux pour exprimer le sujet difficile de la rupture amoureuse, du rejet, de la nostalgie, de la perte d’autrui, tous des sujets que j’essaie de décliner en plusieurs réflexions imagées par amour pour la littérature, pour évacuer certains sentiments et pour essayer de guérir. La guérison amoureuse, c’est quoi? C’est le temps qui passe, c’est de tenter de se sortir d’une attraction qui n’est plus mutuelle, d’une sexualité qui n’est plus commune, d’une intimité perdue, d’habitudes qui deviennent souvenirs, de souvenirs qui deviennent douleurs, qui déchirent le cœur à la moindre mention, c’est aussi d’essayer de se rebâtir dans toutes les sphères de la vie, de cesser d’entrevoir le futur avec ce qui appartient au passé et de l’accepter, c’est de remettre sa confiance sur pieds, c’est d’aller voir ailleurs, c’est de se tromper, c’est d’essayer de s’aimer au travers, de se retrouver… La guérison amoureuse, c’est complexe. Et c’est long.

Hier, j’ai bu. Et aujourd’hui, je brise tout entre nous. Parce que la vérité, c’est que les mots peuvent imager bien des métaphores et la poésie peut être tellement vraie qu’elle en devient trouble, brouillée, trompeuse. Hier, j’ai bu et aujourd’hui, les dépresseurs de l’alcool tuent toutes formes de poésie en moi pour t’écrire de cette plume cachée que s’appelle la vérité. Et la vérité, c’est que je ne guéris pas. Je ne guéris pas du tout. Par contre, nous n’en sommes qu’au jour 18. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il y en a encore 347. 347 jours de poésie, de vérité, de douleur, de tristesse, de peur, de doutes, de craintes, d’alcool, de lendemains difficiles, d’amitié et d’amour. 347 jours de nous.

Bon, maintenant que c’est dit, on y retourne…

Pis… est-ce qu’on a fini de monter la tente, tu penses?