Jour 38 – Être dans son élément (3 de 4)

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard
Michaël Bédard

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Le vent agit comme une séparation sur ce qu’il touche. Il arrache par son attraction ce qui était auparavant une seule entité pour en faire deux parties distinctes, emportant parfois l’une d’elle, comme pour être certain qu’il n’y ait pas de réunion entre les deux. Peu importe sa force, il déchire ce qu’il trouve, que ce soit une feuille de sa branche comme un toit de sa maison. Il déracine pour mieux éloigner, il brasse pour confronter, il s’assure que rien ne soit certain, il est le doute dont la nature a besoin. Il a certaines propriétés environnementales, mais elles sont aussi volatiles que lui et ne sont rien pour faire oublier son côté dévastateur. Mystérieux, il emmène le malheureux qui le croise dans l’inconnu des airs pour le déposer en piteux état quand il s’est calmé les nerfs.

Il en va de même du sentiment amoureux. Il est une tornade qui nous happe et nous fait tourner la tête, la raison en tourbillon, les points cardinaux qui n’expirent plus, on perd le Nord, mais aussi le Sud, l’Est et l’Ouest, sifflant l’amour le souffle court. On a l’Équateur de travers, mais on partage le cyclone et on s’envoie en l’air. La bouche d’aération de l’union enlève les vêtements et le méridien est à 90 degrés devant Marilyn et sa jupe qui se soulèvent pour baiser. Impossible de résister, l’alizé nous pousse contre vents et marées et c’est aux oiseaux de planer dans la chambre à coucher. Rien n’embêtent les nouveaux migrateurs, mais il faut faire attention de bien se protéger quand l’on vole puisque quand le courant d’air tombe et s’arrête, celui qui a semé récolte la tempête. Ceux qui étaient en altitude se dispersent aux quatre vents et autant en emporte celui-ci, il reste toujours un blizzard à contourner pour sa propre survie.

Alors qu’on m’a soufflé que tu tourbillonnes avec Sirocco, Éole en cavale, je flotte, apaisé, poussé par l’air chaud du soulagement, Zéphyr qui se sait trahi, mais qui se cerf-volant parce que tu m’as Coriolis d’avoir venté ailleurs. Porté par les nuages de la légèreté, je me précipite dans l’érosion, relief qui doit être poli de tout ce que tu étais sur lui, mais une fois guéri, je serai l’éolienne de ma propre vie, tournant partout, murmure constant de ma présence revenue, solaire dans mon atmosphère et glacial de mon absence dans ta stratosphère. Parce que je suis une exception météorologique, celui qui tourne fort quand il aime, mais une fois en coupe-vent, je suis le boomerang qui ne revient pas. Les intempéries sont encore là, mais je me parapluie de toi, maintenant que je sais que les turbulences sont choses du passé.

Oui, j’ai eu vent de, mais le vent a tourné et même si je n’ai plus vent de toi, je me permets d’avoir le nez au vent pour te mettre un vent dans le but de marcher droit contre le vent et filer comme le vent dans un vent d’enthousiasme pour aller voir loin quel bon vent m’amène parce que v’la le bon vent, v’la le joli vent, v’la le bon vent ma vie m’appelle.