Jour 43 – Boy Toy

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard
Michaël Bédard

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L’être humain est un jouet. Que ce soit dans sa propre façon de considérer les autres, mais aussi, dans comment il se laisse lui-même traiter, il n’est qu’une marionnette que l’on balance au gré des humeurs sociétales de gauche à droite. Parce que ce n’est pas seulement dans les relations personnelles que l’on risque d’être manipulé, c’est le but premier de la publicité de nous utiliser. Ainsi, nous évoluons dans une société qui cultive l’idée de tout faire pour en arriver à ses fins, pour prouver son point et il n’y a au centre de nos relations qu’un gagnant et un perdant. Il suffit de choisir son camp et de tout faire pour l’emporter, et ce, au détriment de celui ou celle que l’on choisit de torturer. Chaque débat est une vente à réaliser parce qu’il n’est pas payant de prendre le temps de faire comprendre sa pensée, il n’y a que convaincre qui est primé.

C’est devenu courant de ne plus écouter, d’être déjà dans le choix de ce que nous allons répondre quand l’autre nous parle, question de paraître le mieux possible ou d’avoir le meilleur argument, il n’y a que bonne répartie chez celui qui excelle à faire semblant qu’il comprend. Donc, plus ça va, plus tout le monde parle, mais personne n’écoute, la rivalité relationnelle est à son paroxysme parce que l’humain est atteint de la maladie du narcissisme. Contagieuse du parent à l’enfant, elle se propage dans nos interactions et elle a infecté l’amour. Être un couple n’est plus une question d’union puisque c’est devenu une compétition de domination. Et comme il est facile de le constater, j’ai perdu et me voilà dominé.

Je suis une poupée russe que l’on a choisi de jeter, mais qui ne sait pas exister sans ses sœurs, à l’extérieur de sa fonction dans la hiérarchie des grandeurs. Pourtant, elle reste existante individuellement, mais elle ne se voit pas être si elle n’est pas dans ce qu’elle connaît, dans ce pourquoi elle a été créée. Incomplète, elle perd son utilité quand elle a à se présenter seule puisqu’elle ne vivait que pour être membre de sa fraternité, mais elle doit comprendre qu’elle a la même valeur que quand elle est à l’intérieur, en sécurité de se savoir aimer.

En fait, je sais ce que je vaux, mais j’ai besoin de mes semblables, plus grands, dans lesquels je m’encastre pour pouvoir continuer. D’ailleurs, ce n’est qu’une parmi tant d’autres et ce n’est pas parce que cette sœur que j’ai perdu me semblait en être une de l’âme que je ne peux trouver personne pour la remplacer. Et même si je semble présentement fermé à l’idée de rencontrer, je sens qu’éventuellement, je serai ouvert à laisser quelqu’un entrer et je suis convaincu qu’il existe plusieurs autres poupées qui ne cherchent elles aussi qu’à s’emboîter.