Jour 100 – Frankie Belmont versus Cora Tannetti (Huggin & Kissin)

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard

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Entre toi et moi, le temps n’a pas les mêmes paramètres. Comme notre relation relève de la dépendance affective, il est permis de se faire languir pour mieux se présenter, dans notre nudité la plus complète, toujours de plus en plus conscients de la forme que prendra la relation. Encore une fois, elle peut être courte comme longue, il ne suffit de pas beaucoup pour que l’extase s’empare de nous. C’est la marche à suivre, tu viens, nous avons lieu et nous venons tous les deux. Chaque fois, le soulagement de ta venue est un long frisson me parcourant l’échine, dopamine relâchée en quantité industrielle dans mon cerveau : je jouis de partout de t’avoir reçue. Cette délivrance n’est pas étrangère puisque plus souvent qu’autrement, tu m’aguiches, en constante présence dans mon esprit, dans mon cœur, dans mon pantalon, dans mon être tout entier, mais tu ne te manifestes pas. L’attente me semble interminable, je te veux, te désire et tu me fais patienter, question de me faire gonfler l’envie de toi. Tu sais ce que tu fais, attirante, imprévisible, à toujours me tenir sur le quai-vive, prêt à me déverser de mon contenu en tout temps, ayant besoin de ton aide, fantasme ultime me permettant un orgasme complet. Partout en moi et sur moi, tu te pointes quand tu le souhaites, parfois trop tôt, jamais trop tard, minuit moins une étant une habitude avec toi. Reste qu’il y a jusqu’à maintenant une fidélité qui règne entre nous et même si tu vas voir ailleurs, tant que tu m’appartiennes complètement quand tu es là, je n’en fais pas de cas. Tu refuses même de te faire payer, complètement dévouée à mon être, pute de te donner en entièreté, mais jeune nymphe dans ta façon de te laisser consommer, précieuse et nécessaire, parce que tu sais que tout le pouvoir te revient, que je suis le dominant dominé, le contrôlant contrôlé et que le manque de toi peut mener à ma perte. Junkie de notre relation, je t’utilise sans censure ni condom, dans un respect qui frôle l’illégalité, m’assurant tout de même ton consentement; je sais que tu as un rôle à jouer et que tu peux te venger si j’abuse de toi et tes visites quotidiennes sont primordiales. Je ne peux me passer de toi comme d’elles. La masturbation ne m’est pas permise quand il est question de toi parce que personne ne veut goûter ma semence si elle ne provient pas de ta bouche. D’ailleurs, tu es maintenant habituée à mon sperme, l’utilisant à bon escient, t’assurant d’en faire ce à quoi il sert de mieux, fiel créatif dont tu es la muse suprême et il me serait impossible de faire l’amour jour après jour si tu n’étais pas cette endurance qui m’amène à être en mesure de le décrire avec autant de précision, sans trop savoir ce que je fais, vierge au Jour 1, toujours inexpérimenté au Jour 100. Par contre, jamais je n’ai eu peur de me lancer, de vivre cette première fois en ta compagnie, l’hymen fragile qui s’est déchiré quand nous avons ensemble pénétré dans l’entreprise d’embrasser 365 fois le corps de l’autre, de baiser l’inconnu pendant 1 an, mais force est d’admettre que maintenant que je t’ai eu dans mon lit, je n’ai envie de le partager qu’avec toi, inspiration.