Jour 145 – One Step At A Time

365 jours de peine d'amour

Aujourd’hui, j’ai eu envie de t’écrire. Pas toi, elle. J’ai eu envie de lui écrire à elle. Pas ici, mais personnellement. Aujourd’hui, l’idée de reprendre contact en privé avec mon ex-copine a germé dans mon esprit et je ne peux affirmer qu’elle l’a quitté complètement. Sans trop savoir pourquoi ni quoi dire, la pensée d’essayer de provoquer un échange avec elle m’est apparue comme une possibilité. Il est facile de le percevoir comme une rechute, comme une peine qui n’est pas totalement cicatrisée. Il est aussi probable d’anticiper une réaction négative de sa part. Il y a maintenant plusieurs mois que son existence se déroule sans la présence de la mienne et voilà que j’effectue un retour sans raison et sans propos? Il y a de quoi se questionner sérieusement sur la volonté d’entamer une conversation sans but précis avec ce que l’on a quitté et ce que l’on a supprimé entièrement de sa vie quand les modalités de la séparation ont été complétées. En résumé, je n’ai rien de pertinent à dire, je n’ai aucune raison de le faire et je serais mal reçu. D’où me vient alors cette soudaine tentation de rompre le silence entre nous? Plusieurs réponses me viennent en tête, mais aucune ne correspond à ce que je n’arrive pas à déceler dans la venue de cet étrange désir. Au stade où j’en suis, il n’est nullement question du caprice de vouloir à tout prix avoir un accès à ce qui a été perdu. C’est loin d’être l’appétit du conquérant qui pousse à combattre pour rapatrier ce qu’il croit lui appartenir. C’est encore moins la convoitise de la savoir avec quelqu’un d’autre. S’il y a bien une évidence qui émane de tout le cheminement parcouru jusqu’à maintenant, c’est la confirmation que c’est survenu pour le mieux.

Et c’est là que ce situe mon envie de t’écrire. Pas toi, elle. Pour te dire que ça va mieux. Pour te signifier que je vais mieux parce que je sais que notre rupture n’a pas été une expérience agréable pour toi non plus. Probablement que 365 jours de peine d’amour ne figure pas parmi tes pages préférées et mes écrits, si tu as dérogé à la règle que tu t’étais imposée de ne pas lire pour éviter de souffrir, peuvent t’avoir heurtée. À ce sujet, j’aimerais te rassurer : je sais que tu n’es pas un monstre. Vu la distance physique entre nous et la disparition de tout contact, il me faut souvent plus de concentration pour te remettre au bon endroit, me souvenir de ce que tu étais réellement parce que la littérature a ce pouvoir de rendre mythique certains de ses personnages. L’auteur lui-même peut oublier qu’il y a une part de fiction dans ce qu’est l’art, il reste que j’aurai toujours assez d’amour envers toi pour ne pas permettre à cette conviction de faiblir. Une année peut être une courte comme une longue période de temps. 365 jours de peine d’amour existe pour une raison. Comme ta décision de partir, je ne comprends pas encore totalement pourquoi, mais je sais que le parce que de l’un comme de l’autre était la bonne avenue à prendre, que nous ne nous sommes pas trompés. Aujourd’hui, j’ai eu envie de t’écrire et je ne l’ai pas fait. Ce que j’aurais eu à te dire, si j’avais eu le courage, c’est que je t’en veux encore un peu, mais que je te pardonne au complet.