Jour 159 – La loi de Murphy

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard

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« Anything that can possibly go wrong, does. »

  • Edward A. Murphy Jr.

La naïveté est l’ennemi numéro 1 de la lucidité. En contrepartie, cette dernière empêche souvent le laisser-aller. C’est pourquoi la recherche du juste milieu est si ardue. La balance entre croire aveuglément et la peur d’être blessée se situe dans cette zone trouble où il faut avoir assez vécu pour être en mesure de justement l’oublier. Effacer de sa mémoire les instants catastrophiques parce que l’on sait que c’est mieux ainsi. Le cynisme est souvent plus facile. Il fait moins mal d’envisager dès le départ que tout est destiné à se terminer, que dès que les yeux se rencontrent et que les cœurs se croisent, c’est pour éventuellement se quitter dans une lacération violente, mais inévitable. La protection l’emporte sur la vulnérabilité. Être amoureux complètement, c’est se laisser atteindre et personne ne le souhaite quand ça signifie assurément une peine. Il ne faut pas se leurrer : les relations amoureuses ont en majorité une date d’expiration. Du moment où elles débutent, c’est la course à en profiter pendant que ça dure. Cependant, le temps aide à guérir, mais il permet aussi d’apprivoiser la douleur. L’équilibre relationnel est un jeu d’essais-erreurs. En pleine contradiction, il faut souffrir pleinement pour ensuite avoir moins mal. Une fois que l’on sait ce que la rupture peut être, la crainte de la vivre à nouveau est moindre. Dans cette acceptation de notre sort naît l’amour sain parce que l’on donne sans retenu en sachant qu’il est possible d’avoir à reprendre tout ce que l’on a offert. Ensuite, c’est le processus déjà expérimenté qui s’enclenche. Il est connu de ce qui a été blessé auparavant qu’il peut se réparer étant donné qu’il l’a fait avant. C’est ce qui permet de recommencer ailleurs, de s’engager en sachant que le départ est aussi le signe que la fin approche. La vie et l’amour sont intrinsèques en ce principe fondamental comme quoi la création de l’un comme l’autre est le début de la fin. Il n’y a pas à s’en tourmenter parce que même si ce qui est destiné à mal tourner se produit immanquablement, tout le bien de la montée qui mène jusqu’à la chute vaut assurément la peine de tomber.