Jour 179 – Trèfle

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard

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mon aujourd’hui,

savoir ce que je veux

que les amoureux me crachent

dans les yeux

la pitié ;

on me cherche

je me retrouve

les lieux, les clignotants

sans importance et nécessaires ;

la petite douleur encore

lancinante en silence

j’ai toujours eu la peur en obligation

un peu moins ;

aux funérailles

des années 90

en rupture de stock

tout vouloir troquer ;

mes vergetures s’agrandissent

sur l’âme emportée

pas le choix de suivre

je n’en parle même plus ;

j’ai comme métier d’être épuisé

la guerre refuse la paix

rien de mieux

que ce soir ;

que s’arrête la plongée

des bruits contre-foyer

comme le printemps qui tarde

elle arrive ;

calme est la louve

teinte de la racine aux pointes

si le sang coule

regarde comme j’ai froid ;

de trop petites cavités

ça goûte napolitain

en maîtrise

apprendre le sexe ;

clapotis quotidien des doigts

s’en vient la suite, inévitable

prier qu’elle arrive en plaques tectoniques

se savoir à l’avance raqué ;

contrecoup des longues secondes

ensuite de l’accélérateur

viens avoir le cou brisé

dans la mort d’un divertissement ;

jusqu’à ce que je termine

c’est le bientôt qui picote

l’herpès d’un plaisir

coupable ;

c’est ta faute

la mienne aussi

le blâme est partagé

dans un consentement entendu ;

reste que j’en veux

aux hirondelles

les plus jeunes comme les vieilles

la rancœur longtemps camouflée exposée ;

le paysage est sur mon chandail

il n’est nul part ailleurs

parce qu’il n’y a rien à voir

parce je n’ai rien, avoir ;

que s’acharne sur moi

les foudres de la providence

terrassé de haut en bas

par l’énorme coup de chance ;

l’utopie de la loto

appliqué sur 28 ans

j’essaie de mon mieux

de brasser les bons dés ;

je ne peux entendre le bruit de la douche

et récolter les dividendes

de l’après cunnilingus

là où je fais mieux que de mon mieux ;

ligoté ici

enchaîné à produire

avec comme seul souvenir

la langue crème glacée ;

devoir dire

je m’évade souvent

l’instinct engagé

tape les bons mots ;

la moitié

oublie, c’est technique

tout pour que s’emboîte

mes plaques tectoniques ;

le corps comme un pogo

dont on a déjà mangé viande et friture

raide comme un bâton

la vieillesse qui s’impose ;

le carrousel de l’horreur

cyclone mentale

tourne et tourne

à m’en rendre malade ;

l’homme montagne-russe

monte et descend

la chute est imminente

assure toi d’être assez grand ;

où s’achète la satisfaction

j’ai besoin d’un exemplaire

je ne peux plus continuer

il me faut une ampoule ;

le jour ne se lève plus

l’aube a démissionné

le crépuscule au pouvoir

ma nuque embrassée qui rend tolérable la nuit ;

petit corps dans vêtement pour les grands

oublier de respirer

c’est à coup de peignoir

qu’on conquiert mon monde ;

la vaisselle se chicane

personne pour donner le bain

ils ne t’enlèvent de la pièce

que si tu y reviens les plats pleins ;

boutade

je sais

ce qui va advenir

des soins gastronomiques ;

bientôt l’obscurité

ne pense plus

tu as encore toute la journée demain

pour t’inquiéter ;

tapis dans la grotte

l’anxiété ne t’atteint presque pas

parler à la troisième personne

aussi ;

dépersonnaliser

tu n’es plus

rien

c’est faux ;

petits

sont

les

mots ;

timoré

le peigne rend lisse

ce qui ne se gêne pas

flamboyants ;

et toi

et moi

tu quittes

pas tout de suite ;

martyr

dans l’attente

dans le fait de savoir

ce qui t’attend ;

peu

à

peu

tu t’y rends ;

len

te

ment

tu iras ;

un regard

te convainc

de ne pas trop étirer

l’éphémère ;

les concepts passent avant tout

l’inspiration est infinie

la possibilité de tenir en haleine

immense ;

le jeu en vaut la chandelle

plus de 6 mois à s’allumer

des lampions

d’éternité ;

les promesses servent à rassurer

menteuses sans faille

oser y croire

pour le bien commun ;

comme la vie après la mort

si c’est la fin

définitive

personne ne saura,

l’absence de lendemain.