Jour 200 – Me mettre dans sa peau

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard

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Michaël,

C’est cette chanson que tu as mise en lien qui te donne envie de me laisser la parole. Je comprends pourquoi. La langue appropriée d’Adele sur la mélodie de Kendrick Lamar qui nous a unis d’une drôle de manière lors de toutes ces soirées karaoké, avec toi au micro et moi comme spectatrice fidèle. C’est délicat de t’écrire. C’était ma première impulsion lors des journées qui ont suivi notre rupture. L’ironie de vouloir soigner ce que l’on blesse. J’ai ensuite pris mes distances et ce n’est pas seulement parce que je suis tombée amoureuse de quelqu’un d’autre. C’est que j’ai vu que l’on devait se détacher pour avoir moins mal. L’as-tu compris, ça? Le geste de m’éloigner, mais que j’aie eu mal aussi? Il m’arrive de vouloir savoir si tu vas bien et si tu m’en veux. Je n’ai pas lu tes textes. Je t’ai déjà mentionné comme tes mots pouvaient me toucher, même lorsqu’ils ne m’étaient pas adressés et je ne pouvais imaginer lire ceux qui allaient parler de nous. Je t’ai promis de lire un jour, mais je pense que je ne pourrai respecter cette promesse. Je me suis guérie et je suis avec quelqu’un d’autre, maintenant. Sans t’avoir oublié, il est plus sain pour moi et pour mon couple que je ne plonge plus jamais dans notre histoire. C’est du passé et tu arriveras à la conclusion que c’est mieux comme ça. Peut-être en es-tu déjà là. Je ne peux savoir, à cause de toute la distance. Celle que nous avons créée et que nous respectons. Je te remercie de l’avoir fait, à ta façon. Ce n’est pas commun de terminer une relation et de savoir que l’autre s’engage à 365 textes sur ce qui vient de disparaître et ce que nous avons été dans l’intimité. J’essaie de te faire confiance quant au respect de ma vie privée. Ça n’a pas toujours été facile. J’ai eu peur et je t’en ai voulu un peu. Je ne peux dire que ce sont des sentiments qui ont disparu complètement. C’est pourquoi nous ne sommes plus amis Facebook, pourquoi je t’ai supprimé. J’ai voulu éviter ton projet. Je ne suis pas une artiste et même si je comprends ta démarche, il s’agit de ma vie. Je veux la vivre dans le moment présent sans que mon passé ne me soit raconté. Heureusement, la présence de mon nouveau copain m’éloigne et m’apaise. Probablement que tu en sais déjà un peu, avec les réseaux sociaux et les amis que nous avons gardés en commun. Tu penses sûrement que j’ai changé. Ce n’est pas faux. C’est pour le mieux; je suis heureuse. Tu sais que nous avons eu des moments de bonheur toi et moi, mais que ta noirceur m’a contaminé un peu trop. Je ne t’en veux pas et tu ne dois pas t’en vouloir non plus. Je ne prends pas de nouvelles, sauf que mon silence est empreint de la volonté que tu sois mieux, que tu sois arrivé à te rétablir un peu, que tu aies retrouvé de ce qui m’a fait tombé amoureuse de toi. C’est ce que j’espère pour la prochaine, celle qui me suivra… ou qui me suit peut-être déjà. Je sais comme tu aimes l’amour et je suis désolé que nos vœux d’éternité n’aient pu être vrais. Je te souhaite d’arriver à conquérir ton monde, que ce soit seul ou à deux.

Embrasse ta mère, le chat, Max et tous les autres. Tu me connais assez bien pour me croire si je te dis qu’ils me manquent et que comme pour toi, j’aurai toujours beaucoup d’amour pour eux. Ils ont eu à te relever et j’ai espoir qu’ils l’ont fait sans trop de rancœur. Je les remercie pour ça. Voilà, je n’ai plus rien à te dire et je tourne complètement la page parce que la nostalgie en trop grandes doses peut vite devenir dévastatrice. Où que tu sois, j’aurai toujours souvenir du seul Québécois, originaire de la ville aux rues larges, qui a su me séduire, mais ça appartient à une autre époque que je laisse partir pour de bon. Merci pour tout et prends soin de toi.

Aurevoir Michaël,

N.