Jour 228 – Que se manifeste Pierre Lalonde

365 jours de peine d'amour

La nostalgie prend le contrôle du dehors. Alors que les dates avancent sur le calendrier, le ciel se permet d’être sédentaire. Quand il est victime de percées sournoises qui entrent de force sur leur quart de travail, il recule trop loin, directement en plein centre de l’œil, là où la peine n’a pas assez séché. Le mercure ne se fâche pas encore et c’est pourquoi la rupture est un membre fantôme qui continue de vivre, que je gratte à contrecœur parce qu’il suffit d’ouvrir l’âme pour voir que tout est gris. Les pronostics ne sont habituellement pas variables, mais même la science est une faille : les saisons, comme le moral, sont maîtres de quand ils reviennent.

L’attente est interminable. Les larmes devraient être sudoripares parce qu’à ce temps-ci de l’année, ce ne sont que les aisselles qui pleurent. Dame Nature est patiente, trop passive, alors que nous serions plusieurs à lui livrer sa ménopause si nous savions où se trouve le thermostat planétaire. Elle se sait garante de notre santé mentale et ne se presse pourtant pas, convaincue que les solstices lui restent loyaux, qu’ils ne font que l’aguicher et comme elle est fière, elle prolonge ce qui est désuet, tant au thermomètre que dans mon cœur. Les champs lexicaux se répètent comme les heures de grisaille, sous le signe d’une météo une fois de trop en étrange corrélation avec mes émotions. Ce n’est même plus vraiment en lien avec toi, mais davantage avec le statu quo d’une situation autant sentimentale que thermique. L’été prend beaucoup plus sa forme de participe passé que de présente saison et je ne veux plus conjuguer une future et éventuelle venue puisqu’elle est réclamée dès maintenant.

Les jours s’allongent, mais je ne peux dire que la noirceur est terminée. Dans l’optimisme de vouloir vivre la constante lumière, je suis déchiré des nuits où il pleut toujours trop fort. L’avantage, c’est que l’habitude m’enveloppe comme un imperméable pour me prouver que c’est normal, que l’équilibre est partout et que je n’ai qu’à privilégier plus de bien que de mal. L’utopie, c’est de demander la fièvre estivale en tout temps. Maintenant que c’est su, c’est à mon tour de chanter les beaux jours?

Après tout, n’est-ce pas « le temps des vacances, la saison pour s’aimer »?