Jour 233 – L’enchaînement involontaire

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard

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C’est dans la nature humaine de vouloir plaire, mais d’où vient la nécessité d’être parfait? Cette pression de viser la perfection est perfide et la gloire de l’atteindre rémunérée parce que le pire, c’est qu’elle est encouragée par la société. En ce qui me concerne, la sphère où elle sévit le plus sournoisement est au sein du couple. Dans l’enchaînement de plusieurs relations à une certaine période de ma vie, je n’avais pu expérimenter la délivrance d’être célibataire sur une longue durée. Ce que m’a appris ce que je croyais être un manque, c’est justement que j’avais confiance en ce que je suis quand ce n’est que pour exister avec moi-même. Comme je l’ai mentionné à de multiples reprises, mon estime personnelle n’a aucune lacune quand elle est confrontée à mon propre jugement, mais dès que je laisse quelqu’un entrer dans ce que je continue de construire, c’est là que je ne m’octroie plus la permission d’être imparfait, que mes écarts de conduite se pardonnent moins facilement et que j’ai tendance à perdre la légèreté de ne vivre que pour une seule personne. Il n’est pas question de cette prédisposition automatique que certains ont à s’oublier par amour. C’est tout simplement que j’essaie de tendre vers le moule de la similarité pour être à la hauteur parce qu’il est devenu impératif que nous soyons des échantillons du même produit et qu’étant donné que la relation amoureuse est le lien émotif qui meurt si aisément, il est important de correspondre à l’homme avec l’unique H pour être aimé.

À la lecture, c’est ridicule à en vomir, mais l’anxiété n’a pas de logique. Elle ne s’explique pas parce qu’elle se vit et qu’elle est parfois impossible à contrôler. Tout ce que je sais, c’est que j’ai remarqué la disparité entre être amoureux et ne pas l’être sur mon niveau de stress. À force de me questionner, j’ai compris que la menace constante de la rupture m’ajoute une exigence supplémentaire quand j’accepte de me partager avec quelqu’un. C’est comme si la liberté de pouvoir commettre des frasques ou de ne pas être la meilleure version de moi-même au plan mental comme physique disparaît immédiatement avec la venue de l’autre. La raison est simple : la mentalité qu’il y a toujours mieux ailleurs et que n’importe qui se remplace domine le dévouement de s’engager dans le meilleur et surtout le pire. Bien que je ne sois pas en accord avec ce que véhicule les valeurs d’aujourd’hui, j’en suis victime quand même et c’est plus que normal qu’elles déteignent sur mon comportement et ma manière de penser. L’important, c’est d’essayer de le combattre et maintenant que j’ai vécu quelques fois ce que c’est d’être rejeté pour une autre personne, je sais que ce que j’incarne vaut la peine parce que je serais prêt à accepter que le reste passe par moi et avec moi seulement.

À suivre.