Jour 234 – OD’ing On Too Much Of Nothing

365 jours de peine d'amour

Michaël Bédard

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Tout est devenu sujet à être l’objet d’une dépendance. Trop des plaisirs de la vie doivent être vécus avec modération. Parmi eux, la nourriture et l’alcool sont dommageables pour la santé s’ils sont consommés en trop grande quantité et il faut prendre en compte les ingrédients qu’ils contiennent pour s’assurer de les ingérer correctement, selon les doses recommandées. Le sexe peut aussi être dévastateur mentalement, tant au niveau de l’estime de soi que la pratique elle-même, avec la pornographie qui influence l’intimité. La technologie, omniprésente, jouit d’une attirance plus puissante encore que l’interaction humaine alors que les nouvelles générations passent plus de temps dans la virtualité électronique qu’avec leur entourage. Même la carrière occupe une place prépondérante, souvent trop grande, et les statistiques de surmenages liés aux nombreuses heures supplémentaires le prouvent. Chaque vice a des études pour le désapprouver et pour les plus polarisants, les chercheurs se contredisent pour que nous ne puissions dormir en paix sans avoir à songer à changer nos habitudes de vie.

Maintenant, quand j’avoue que je bois du café presque tous les jours, les gens autour de moi ont tous leur opinion pour me convaincre ou non que c’est un bon choix que d’être volontairement esclave d’une autre addiction. Le résultat, c’est que voilà qu’il y a quelques jours que je n’en ai pas pris, à force de consulter tout ce qui s’écrit pour me faire une tête sur la question. C’est un défi avec moi-même, pour me confirmer que je ne suis pas dépendant, mais j’en comprends que les privations quotidiennes que je m’inflige, confrontées à l’état du monde et aux nouvelles horribles qu’il engendre, ne sont qu’une perte de temps et j’en ai marre que chaque journée en soit une de surveillance où il est déconseillé d’abuser. C’est à l’écoute de mon corps et de mon moral que j’affirme que je veux une vie d’excès où la spontanéité l’emporte sur la castrante rationalité. C’est dans toutes les sphères que je souhaite tout trop, pour être certain d’avoir vécu pleinement quand je ne le pourrai plus et ce sont ces souvenirs et anecdotes qui seront les arguments pour m’éviter d’avoir des regrets.

Ça commence aujourd’hui : la tasse est pleine et il y en a assez pour une deuxième.