Jour 236 – We Are The North

365 jours de peine d'amour

bandwagoner, noun

a person who takes part in or becomes enthusiastic about something only when it is popular or fashionable

C’est le mot que les pessimistes utilisent pour désigner le mouvement engendré par la présence des Raptors de Toronto en finale de la National Basketball Association et ce n’est pas faux. Ce sport, méconnu au Québec, voire même au Canada, a rallié le pays tout entier alors que l’équipe est la seule franchise canadienne de la ligue et qu’elle avait la possibilité de conquérir le championnat. Plusieurs des nouveaux partisans des champions de 2019 n’avaient jamais vraiment suivi le basket avant. Sans être complètement néophyte de cette discipline, je ne peux dire que j’étais moi-même souvent devant la télévision pour écouter religieusement les parties comme je le fais avec les Canadiens, par exemple, mais force est d’admettre que je n’ai pas eu le choix de me prêter au jeu tellement l’engouement généré par le parcours des Torontois était puissant. Habituellement à connotation négative, synonyme d’opportuniste, le terme défini plus haut me convient parce que j’ai eu la preuve qu’il n’avait rien de mal. Au contraire, il n’a eu pour un Canada trop souvent divisé que du bon.

Hier, j’ai décidé de sortir visionner le match ailleurs que chez moi, question de faire de ce moment historique un souvenir spécial. Accompagné d’un ami, j’étais convaincu que quelques-uns auraient eu la même envie que moi. C’était de sous-estimer la ferveur engendrée par une organisation provenant pourtant d’une ville que le partisan de Montréal déteste d’octobre à avril. Les Raptors, inconnus de la plupart le mois dernier, étaient une cause plus grande encore que le résultat final d’une partie de basketball. Ils permettaient d’être ensemble. Hier, ce n’était pas simplement la fin de la saison de la NBA, c’était une occasion de se rencontrer. C’était des étreintes avec des inconnus, des conversations avec des gens que je ne vois que très peu, des chansons d’encouragements, des éruptions de joie synchronisées, en groupe, des poignées de main après chaque panier et une foule en liesse quand la victoire s’est confirmée. Peu importe qui se connaissait ou pas, c’est comme si nous étions tous ensemble, tous dans la même équipe. C’est le pouvoir que le sport a, cette possibilité de rallier autour d’un objectif commun, soit celui de l’emporter et hier, c’est Toronto, le Canada, mais aussi tout ceux qui étaient au Chat’O d’Amos qui ont gagné. Ce n’est pas une question de provenance, c’est une allégeance et ensuite, c’est la fraternité de savoir qu’elle est partagée qui s’occupe du reste, et ce, même si les connaissances en la matière sont nulles. C’est une aventure qui n’est pas sélective et que je suis heureux d’avoir vécu.

Parce que oui, nous avons été et sommes encore le Nord.