Jour 258 – World War III

365 jours de peine d'amour

Il n’existe rien de fiable. Tout ce qui se construit l’est pour éventuellement s’autodétruire, les humains comme les monuments. Même les pyramides n’attendent que leur tour pour s’écrouler. L’amour, lui, n’est pas patient. Il dépasse dans la file de ce qui menace de s’effondrer pour être le premier à pouvoir y avoir droit. Un peu partout autour du globe, il est pressé à ne plus exister pour être relevé ailleurs et nous sommes tous de la main d’oeuvre, à essayer de le faire fonctionner, à s’assurer qu’il reste debout, mais il est inutile de bâtir des écoles si c’est pour ne rien y apprendre. Les attentats que nous perpétrons n’ont pas de religion ni de patrie, ils sont des crimes de passion que l’on commet par faute d’allégeance, dans la destruction masochiste d’entre-tuer les convictions de l’envie d’autrui pour donner naissance sur un nouveau continent : il n’y a rien après la mort à deux parce que la réincarnation n’est qu’un recommencement autre qui n’a pas à voir avec les dieux.

Les millénaires ne se calculeront bientôt plus, les siècles se sont éteints de toute lumière, les décennies sont déjà trop loin pour rester belles et les années se suivent et se ressemblent. La guerre est effectivement une raison pour se faire mal et les blessés perdent l’amour, mais aussi la paix, relégués aux oubliettes avec le sexe, la drogue et le reste. Depuis toujours, maintenant se déroule dans l’attente du prochain. Le suivant n’est même pas arrivé que l’on pense à le remplacer alors que même les époques n’y échappent pas puisque les révolutions se tiennent bien proches, en position tentation, prête à surgir pour faire du moment le leur.

Nous ne pouvons pas contrôler les engrenages d’un sablier où les règles ne se contentent que de couler. Personne n’exécute la loi d’une planète où nous sommes locataires. Elle sévit d’elle-même, peu importe ce qui est vécu ou ce qui ne se vivra pas par la force d’avoir trop voulu vivre. C’est la faute de la vie et nous n’avons pas su aimer dans tous les sens du terme. Les quatre coins du globe comme le cœur devant nous.

Il y a tant à voir, tant à découvrir, tant à faire, mais il est constamment déjà trop tard.