Jour 259 – Aimer à l’étalage

365 jours de peine d'amour

Je veux tomber en amour comme j’ai eu le coup de foudre pour moi. Progressivement, dans la découverte que la séparation avec l’un comme l’autre est impossible. L’introspection est le gérant du département des âmes sœurs. Le problème, c’est que c’est une besogne qui ne se termine jamais. Il faut vivre la colocation entre travailler sur soi-même et accepter de se montrer en chantier.

C’est le juste milieu qui est difficile d’atteinte. L’équilibre entre s’ébouler pour ne plus jamais se retrouver dans le couple et ne pas laisser entrer le partenaire sous peine d’explosion de l’entrepôt des problèmes à régler. En même temps, c’est que personne n’est contremaître, mais tout le monde prétend l’être. Ce surplus de confiance en soi est cette planche que l’on tire chacun de notre côté et qui finit toujours par se rompre. Le bois n’est pas supposé se casser quand il est solide, mais à force de le tremper des larmes communes de l’incompréhension elle-même mutuelle, il faiblit et se sépare. La forêt est une relation que l’on rase pour en faire du papier qui n’est plus utilisé pour s’écrire parce que nous vivons en plein cercle vicieux. Comme les arbres sont la calvitie de notre cuir chevelu partagé, il faut apprendre à se voir sous notre vrai jour. Il est, comme la capilarité décimée de notre faune détruite, une acceptation à subir pour qu’en émerge ensuite une réaction à la hauteur des parties impliquées. Les animaux que nous sommes ne peuvent se cacher derrière ce qui n’est plus. Il est grand temps de se regarder ensemble dans le miroir commun.

Maintenant que je me suis engagé l’amour-propre à temps plein, il y a un poste à combler à mes côtés. Je n’ai plus envie de congédier, ni de l’être non plus. Il n’est pas question de s’amouracher à temps partiel : j’ai une carte de membre à donner pour de l’illimité. Sans être en liquidation, j’ai compris ce que j’ai à offrir et je ne veux plus être à rabais parce qu’être en solde est dangereux. À toi que j’attends de pouvoir passer en entrevue dans le grand magasin où l’on cherche plus que l’on ne trouve, j’ai envie de te proposer que plutôt que l’on se remplace, que l’on se vende au célibat, la prochaine fois, on pourrait se garantir à vie que tout va bien aller, qu’il ne suffit que d’acheter l’idée que nous sommes faits l’un pour l’autre pour ne jamais avoir à se retourner, à se briser.

D’ailleurs, où es-tu?

Tu es en retard.