Samedi, 25 mai 2024

Hausse historique de l’aide alimentaire dans la région

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Christian Péloquin
Christian Péloquin
MédiAT
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Est-ce qu’on pouvait croire il y a quelques années seulement que les banques alimentaires de notre région puissent avoir une augmentation de la clientèle à un niveau historique. Et pourtant, la Ressourcerie Bernard-Hamel et le Centre de bénévolat de la Vallée-de-l’Or dévoilent, dans le Bilan-Faim 2023, que 3762 personnes sont aidées dans la région chaque mois. C’est un triste bilan bien réel. Imaginez-vous que 8718 demandes d’aide alimentaire sont reçues par les moissons de la région et les organismes qu’elle dessert dans la seule année de 2023. Du jamais vu.

« Notre réseau fait face à une demande sans précédent. L’insécurité alimentaire atteint des sommets en Abitibi-Témiscamingue alors que le contexte économique préoccupant laisse envisager des jours encore plus difficiles. Nous devons collectivement réfléchir sur les actions à poser pour lutter concrètement contre la faim. Notre réseau tentera de pallier la demande et les trous dans notre filet social, mais nous ne pourrons avoir un impact durable dans la lutte contre la faim au Québec. Cela devra passer par l’implantation de politiques de lutte à la pauvreté», a déclaré Martine Dion, directrice générale de la Ressourcerie Bernard-Hamel.

C'est 39 organismes de la région qui font des pieds et des mains pour soutenir une population qui s’appauvrit particulièrement depuis les quatre dernières années. Le plus frappant dans tout ça, c’est que parmi ceux qui font des demandes d’aide alimentaire, il y en a qui travaillent. Et ils sont de plus en plus nombreux. L’augmentation du coût de la vie progresse à un tel point que les salaires ne suivent pas. Le contexte économique actuel étouffe carrément les gens qui ont un besoin criant d’aide.

Plus encore, les moissons de l’Abitibi-Témiscamingue lancent un cri d’alarme, car les employés et bénévoles sur le terrain travaillent d’arrache-pied, mais l’épuisement se fait sentir. De l’aide, ils en ont besoin. C’est même une urgence.

« Notre réseau fait tout ce qu’il peut pour répondre à la demande et aider les personnes dans le besoin. En plus d’avoir, au fil du temps, bâti un réseau efficace, nous avons mis en place des initiatives en collaboration avec plusieurs partenaires pour être en mesure d’accroître le volume de denrées que nous distribuons. Malheureusement, ce n’est pas suffisant pour venir en aide à tous ceux qui en ont besoin. Nous lançons un appel haut et fort aux gouvernements, mais également aux organisations et à la population en mesure de nous soutenir : nous avons besoin de votre aide pour répondre aux besoins urgents. Les gens peuvent aider notre Moisson en donnant via le Centre de bénévolat de la Vallée de l’Or (centredebenevolats.com) et Ressourcerie Bernard-Hamel (rbhrn.com) », a expliqué Lina Dupras, directrice générale du Centre de bénévolat de la Vallée-de-l’Or.

La faim en chiffres en Abitibi-Témiscamingue :

⎯ Près de 8718 de demandes d’aide alimentaire chaque mois.

⎯ 48,35 % des demandeurs de dépannage alimentaire sont des adultes vivant seuls.

⎯ 33,54 % des demandeurs de dépannage alimentaire sont des familles avec des enfants.

⎯ De ce nombre, 59,75 % sont des ménages monoparentaux et 40,25 % sont des ménages biparentaux.

⎯ 13,96 % du nombre de travailleurs ont recours aux paniers de provisions.