Jeudi, 30 mai 2024

1:54

Dernière mise à jour: • Publié:
Équipe MédiAT
Équipe MédiAT
MédiAT
Partager cet article

banniereCommanditaire-CinemaAmos

affiche-1-54Dans le film 1:54, on suit le personnage de Tim, un adolescent de 17 ans en questionnement sur son identité sexuelle, dans son  quotidien à l’école secondaire. Depuis plusieurs années, Tim subit de l’intimidation et il décide que, cette année, il ne se laissera pas faire.

Pour se venger de Jeff, son principal tortionnaire, et lui prouver qu’il n’a plus peur de lui, Tim décide de se remettre à la course à pied avec le club d’athlétisme de son école. Ainsi, il s’inscrit pour les qualifications des nationaux dans la même catégorie que Jeff, faisant remonter à la surface une vieille rivalité entre les deux adolescents.

Évidement, Jeff n’a pas l’intention de laisser Tim le détrôner si facilement. Avec ses amis, ils font de la vie de Tim un véritable enfer dans le but de le faire abandonner ses nouveaux objectifs.

1:54 nous plonge dès ses premières minutes dans l’environnement des jeunes, l’école secondaire. On ressent immédiatement le désir de réalisme de la production. Tourné en grande partie dans une véritable école secondaire à Longueuil avec des centaines d’étudiants en figuration, on se trouve rapidement imprégné de leur univers. Agora, salle de casiers, cafétéria, les différents groupes de jeunes en train de lire, de rire ou d’écouter de la musique, on se croirait de retour à notre secondaire.

Le sujet du film, l’intimidation, arrive aussi tôt dans le scénario, alors qu’on voit dès le début du film que Tim semble isolé lorsqu’il arrive à l’école. La tête basse, les écouteurs sur les oreilles, il se dirige, sans même lever les yeux, vers son casier et son seul ami, Francis. Alors que de l’autre côté de la médaille, on remarque que lorsque Jeff fait son arrivée, il est accueilli chaleureusement par tous ses amis, un groupe de jeunes sportifs qui semblent régner sur l’école comme des rois.

Tout au long de l’histoire, on assiste à des scènes d’intimidation typiques des histoires dont on entend si souvent parler. Des insultes qui fusent, des menaces entre les rangées de casiers, des bagarres jusqu’au fameux cliché, pas pour autant mensonger, de l’élève qui se retrouve à diner dans les toilettes pour avoir la paix. Puis, se rajoute à cette liste, une nouvelle réalité, la cyber-intimidation, Facebook, Twitter, Snapchat, vidéos et photos, tous les moyens sont utilisés pour nous démontrer à quel point l’intimidation est partout et 24h sur 24.

Antoine Olivier Pilon (Mommy, Mémoires vives, Pee Wee 3D) nous démontre à nouveau son grand talent de comédien, dans cette production. On s’attache vite au personnage de Tim grâce au jeu très juste de celui-ci qui réussit à nous faire sentir la peine, la rage et surtout le désespoir de Tim. À noter aussi, la performance de David Boutin (Le gentleman, La grande séduction), dans le rôle du père qui tente tant bien que mal de comprendre et d’aider son fils, mais sans grand succès.

Si vous êtes du genre à aimer les «happy end» américain où le garçon solitaire reprend confiance en lui, confronte ses intimidateurs qui regrettent leurs actions, s’excusent et où tout le monde devient amis, vous serez déçu. Dans la vrai vie, ça se finit rarement comme ça. En quête de réalisme, une telle fin aurait été incohérente avec l’objectif du film. C’est là, à mon avis, toute la force de celui-ci. Yan England n’a pas essayé d’humaniser les intimidateurs ni de s’apitoyer sur le sort des victimes, il a simplement voulu nous faire vivre l’expérience de l’intimidation à travers les personnages et nous démontrer comment elle peut affecter un peu tout le monde, quelque soit son rôle dans l’histoire.

Peut-être que la finale peut sembler faire dans la démesure, mais je préfère que la dernière scène soit exagérément dramatique que l’inverse. Au moins, elle nous apportera à réfléchir pendant le long silence, rompu par quelques sanglots dans la salle, qui suivra la dernière réplique du film jusqu’à votre sortie du cinéma.

Fiche technique:

  • Réalisation: Yan England
  • Scénario: Yan England
  • Producteurs: Diane England et Denise Robert
  • Société de distribution: Les films Séville
  • Pays d’origine: Canada (Québec)
  • Langue d’origine: Français
  • Genre: Drame psychologique
  • Durée: 1h46

Distribution:

  • Antoine Olivier Pilon: Tim
  • Sophie Nélisse: Jennifer
  • Lou-Pascal Tremblay: Jeff
  • David Boutin: Pierre
  • Patrice Godin: M. Sullivan
  • Robert Naylor: Francis
  • Anthony Therrien: Patrick