Samedi, 25 mai 2024

Ce qu’il faut retenir sur la réouverture des écoles

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Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
MédiAT
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L’annonce de la réouverture progressive des écoles et des Centres de la petite enfance amène beaucoup de questions de la part des parents en plus de susciter beaucoup de réactions.

Voici, en résumé, les différents éléments a retenir après cette grosse journée, une grande étape dans le processus de déconfinement qui s’amorcera au Québec dans les prochains jours et prochaines semaines :

  •  Les écoles primaires ouvriront leurs portes le 11 mai pour les régions autres que le Grand Montréal.
  •  La réouverture n’est pas obligatoire et les parents ont le loisir de décider s’ils envoient ou non leur enfant a l’école.
  • Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, limite le nombre d’élèves par classe a 15 élèves.
  • Il n’est pas recommandé aux élèves avec des conditions médicales particulières de même qu’aux enseignants, dont ceux âgés de plus de soixante, de revenir a l’école.
  •  Les écoles secondaires accueilleront des élèves en septembre seulement.
  • Les Centre de formation professionnelle (CFP) continueront le travail a distance. Les enseignants pourront organiser des petits groupes pour des séances pratiques. (Ex.: Démonstration de soudure)
  • Les Université et les Cégeps et la Formation générale aux adultes continueront de travailler a distance. Le secteur de la recherche universitaire pourra toutefois reprendre.
  • Tel que souligné par le ministre de l’Éducation, l’annonce est faite près de trois semaines a l’avance dans le but de permettre a l’ensemble du réseau de se préparer a l’ensemble des mesures.
  • La responsable des communications au Centre de service scolaire Harricana, Johanne Godbout, mentionne qu’une réunion  a été convoquée avec les directions d’établissement mardi le 28 avril pour préparer et planifier le retour a l’école. On s’attend a recevoir des compléments d’informations dans les prochaines heures pour préparer ce retour.
  • Le ministre, Jean-François Roberge a demandé aux parents d’appeler pour confirmer auprès des écoles le retour ou non de leur enfant. Mme Godbout demande d’attendre un peu le temps de laisser au personnel en place de planifier plus précisément le retour en classe.
  • Toujours selon Mme Godbout, dans certains milieux ruraux, le maximum de 15 élèves par classe ne sera pas difficile a respecter, mais en milieu urbain, la situation est bien différente. Il y a la un enjeu de ressources humaines.

CPE et Services de garde

  • Dans la semaine du 4 mai, les services de garde d’urgence seront élargis pour les parents du secteur de l’éducation.
  • Dans la semaine du 11 mai, dans la zone froide (A l’extérieur du Grand Montréal), les établissements habituels reprendront du service.
  • Dans la semaine du 19 mai, les établissements du Grand Montréal reprendront du service a leur tour.
  • Comme dans les écoles, le retour des enfants en CPE est volontaire. Aucun frais ou pénalité ne sera imposé. Les places seront réservées jusqu’au 1er septembre.
  • Les règles strictes sont déja observées dans les services et seront encore plus resserées.
  • Le ratio éducatrice/enfant sera réduit de moitié et on autorisera un taux global d’occupation de 30% au départ. Celui-ci augmentera au fil des semaines en suivant l’évolution de la situation.

Plusieurs réactions 

La Fédération des Commissions scolaires du Québec a réagi suite a l’annonce du ministre de l’Éducation. Pour l’organisation, il sera important que le réseau travaille tous ensemble, dans la même direction pour offrir le meilleur environnement d’apprentissage aux élèves.

« Les défis sont nombreux : la santé et la sécurité des élèves et du personnel, la communication, la distanciation sociale, l’apprentissage optimal des élèves. Nous avons démontré ces dernières semaines la flexibilité et le dévouement du personnel des commissions scolaires afin de faire au mieux pour les élèves de nos territoires. Nous continuerons d’appuyer les équipes des écoles, d’abord pour la réouverture, et pour la suite d’ici la fin de l’année scolaire, pour l’ensemble des établissements. Le réseau scolaire travaille en partenariat depuis plusieurs semaines, nous devons continuer les efforts en ce sens dans les prochains mois, pour la santé de toutes et de tous. Le professionnalisme du réseau est notre meilleure garantie pour y arriver, dans la sérénité », a affirmé le président de la FCSQ, M. Lucien Maltais.

Un plan pour «permettre aux parents» de retourner au travail selon QS

La députée de Sherbrooke et porte-parole en matière d’éducation pour Québec Solidaire, Christine Labrie, pour sa part que le plan proposé par le gouvernement suscite beaucoup plus de questions que de réponses.

«Est-ce qu’il y aura assez de place et de personnel pour permettre des classes de 15 élèves et le respect de la distanciation dans le transport? Compte tenu de la pénurie qu’on avait avant la crise, j’en doute. Est-ce qu’il y aura de nouveaux enseignements ou seulement de la révision?  Est-ce que les écoles joueront plutôt le rôle de camps de jour? Qu’est-ce qui sera offert pour accompagner les élèves qui restent à la maison? Les parents ne veulent pas pénaliser leurs enfants et ont besoin de ces réponses pour prendre une décision éclairée», a-t-elle questionné.

Mme Labrie dénonce la façon de faire du gouvernement qui, selon elle, aurait dû prendre plus de temps pour élaborer le scénario de la reprise avec les acteurs concernés. Le ministre aurait eu avantage à prendre plus de temps et à travailler avec le réseau pour élaborer le plan de réouverture, parce que le scénario actuel semble avoir été élaboré surtout pour permettre aux parents de travailler », déclare Christine Labrie.

Toujours selon la députée, le plan n’a rien de progressif puisque d’ici les deux prochaines semaines, toutes les mesures devront être respectées. Par exemple, aucun indice ne laisse croire que les parcs, bibliothèques ou centres sportifs vont rouvrir avant les écoles. On ne sait même pas si les enfants pourront recommencer a jouer entre eux avant de revenir sur les bancs d’école. «Pourtant tout ça aurait permis de répondre aux préoccupations du gouvernement pour le bien-être des enfants», a souligné Mme Labrie.

Réactions syndicales

Plusieurs syndicats ont aussi réagi. La CSN a demandé au gouvernement des règles claires et des mesures claires pour tous les travailleurs du milieu scolaire incluant le soutien aux élèves et le transport scolaire.

« Le gouvernement doit s’assurer que les travailleurs et les travailleuses qui seront au front de la réouverture des écoles soient protégés. Il est impératif qu’il mette en place des procédures claires pour assurer leur santé et leur sécurité et qu’il rende disponible tout le matériel de protection nécessaire », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

On demande notamment des procédures claires pour le dépistages des élèves et les enseignants ainsi que davantage de mesures pour les gens a risque. Le maximum de 15 élèves et la désinfection des lieux communs ne seront pas suffisants selon eux.

La FTQ  et la CSQ ont réagi dans le même sens.

« Les travailleurs et travailleuses que nous représentons sont inquiets et c’est normal, c’est pourquoi le gouvernement doit s’assurer que tous et toutes puissent reprendre leurs activités en toute sécurité. Cela veut dire mettre en place des règles strictes de déconfinement et de mettre à la disposition du personnel tout l’équipement de protection nécessaire pour éviter de se contaminer et de contaminer les enfants et les proches des travailleurs et travailleuses de retour à la maison », déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

« Il reste beaucoup, beaucoup de travail à faire d’ici le 11 mai. Nous n’aurons pas trop de deux semaines pour nous préparer parce qu’il y a encore des centaines de questions logistiques qui doivent trouver réponse, particulièrement en ce qui concerne la santé et la sécurité du personnel, des élèves et de leur famille. On dit depuis le début qu’on veut faire partie de la solution : c’est aujourd’hui crucial de mettre au jeu notre expérience en éducation et en petite enfance et d’écouter les gens qui sont sur le terrain, qui sont au quotidien avec les élèves et les tout-petits », mentionne Sonia Ethier, présidente de la CSQ.