Mardi, 21 mai 2024

Les défis des refuges animaliers

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Lydia Blouin
Lydia Blouin
MédiAT
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Le 10 décembre dernier avait lieu la Journée internationale pour les droits des animaux, une occasion de réitérer l’importance de bien s’occuper de ses petites bêtes. En effet, la sensibilisation envers la population demeure essentielle encore en 2021, ce qu’on peut constater en visitant les refuges de la région.

Le Refuge la Bonne Étoile et la SPCA de Val-d’Or continuent de constater de nombreux abandons, notamment en juillet et après l’été. Les principales raisons évoquées sont les déménagements, les allergies, le manque de temps et les logements qui refusent les animaux. Cependant, la majorité des animaux qui entrent au refuge sont errants. En 2018-2019, au Refuge la Bonne étoile de Rouyn-Noranda, 77% des chats et 71% des chiens n’avaient pas de foyer à leur arrivée, contre une moyenne canadienne de 60%. Par ailleurs, 93% des chiens retrouvent leur maître dans les deux jours suivant leur arrivée au refuge, contrairement aux chats dont seulement 22% sont réclamés.

La stérilisation

La surpopulation de chats est particulièrement problématique, confie Liliane Quesnel, directrice générale à la SPCA de Val-d’Or :

« Le mot-clef, c’est la stérilisation. C’est ce que l’on souhaite dans l’avenir, que tous les animaux soient stérilisés. Un chat non stérilisé, au bout de quatre ans, ça fait 20 000 chats. Une femelle a minimum trois portées par année, parfois quatre, et la plupart des animaux qui arrivent au refuge ne sont pas stérilisés. »

Le Refuge la Bonne Étoile de Rouyn-Noranda abonde dans le même sens. Madame Valérie Delisle, directrice générale, précise que la stérilisation pourrait aussi encourager davantage de propriétaires à accepter les animaux :

« Il pourrait y avoir des règles comme stériliser ses animaux ou payer un petit peu plus au cas où il y aurait des bris. Si les animaux étaient acceptés dans les logements, ça changerait beaucoup, beaucoup de choses au niveau de refuges et des SPCA. On comprend aussi les propriétaires d’appartements, souvent ils ont eu des mauvaises expériences pour en arriver à ça, mais c’est malheureux que ce soit tout le monde qui soit pénalisé.  »

La stérilisation est offerte automatiquement aux animaux qui arrivent au refuge depuis mai 2019, ce qui diminue les frais des familles après l’adoption. À la SPCA de Val-d’Or, ce sont une centaine d’animaux qui ont été stérilisés depuis l’inauguration de leur salle de chirurgie en juin dernier.

Les coûts

Or, s’occuper de ces animaux implique des coûts qui ne sont pas entièrement couverts par les adoptions. Madame Quesnel explique :

« On n’est pas capable d’avoir de subventions : on n’a pas d’argent du gouvernement, car on est un OSBL. Le seul argent qu’on a à chaque année, c’est avec les licenses. C’est comme ça qu’on nourrit nos animaux. Le monde trouve ça coûteux, mais ces sous-là servent au fonctionnement de la SPCA. Ça permet de sauver des vies… »

Certaines personnes demeurent réticentes à déclarer leurs animaux malgré les avantages des licences. En effet, si l’animal s’enfuit, le propriétaire peut être retrouvé rapidement. Par ailleurs, les vols d’animaux sont moins fréquents lorsque l’animal possède une médaille.

Une autre manière pour les refuges de défrayer les soins donnés aux animaux sont les frais d’abandons. Or, certains procèdent à des abandons gratuits, c’est-à-dire qu’ils se défont de leurs animaux sans payer, par exemple en prétendant l’avoir trouvé ou en le laissant dehors ou en Ville. Liliane Quesnel raconte :

« Il y a trois semaines, quelqu’un a laissé des animaux en liberté à l’écocentre. Il n’y a pas de maisons aux alentours, c’est sûr que c’est quelqu’un qui les a déposés là. »

Pourtant, il est illégal de procéder ainsi, car cela comporte des risques pour l’animal, surtout en période de froid ou de chaleur intense. Les refuges permettent aux gens de se départir de leurs animaux en toute sécurité si on n’arrive pas à trouver soi-même un nouveau propriétaire.

Les animaux en cadeaux

Une autre mauvaise idée serait d’offrir un animal en cadeau. À l’approche des fêtes, cela peut être tentant, mais cette pratique risque d’entrainer des abandons. Madame Valérie Delisle précise :

« On ne veut pas que les gens se fassent offrir un animal qui ne soit pas souhaité et que l’animal soit par la suite abandonné. »

Par ailleurs, cette option n’est pas offerte dans les refuges : les personnes qui se font offrir un animal comme cadeau doivent passer par le même processus que les autres. Au Refuge de Rouyn-Noranda, il est possible de venir voir l’animal avec la personne à qui l’on souhaite offrir un cadeau :

« Si les gens sont prêts à venir au refuge, ils vont remplir un questionnaire d’adoption comme tout le monde et si on juge que ça convient, à ce moment-là ils pourront avoir l’animal, mais il n’y aura pas de cadeau surprise. »

À Val-d’Or, on refuse les adoptions au 24 décembre, date où les gens cherchent des cadeaux de dernière minute. Ces manières de faire permettent d’éviter une recrudescence des abandons après le temps des fêtes, qui n’est pas très marqué en région.

Une seconde chance

Adopter en refuge plutôt qu’en animalerie permet de donner une deuxième chance à un animal qui a perdu sa famille. La plupart des animaleries, par ailleurs, ne permettent plus d’adopter de chats ou de chiens. C’est une réflexion intéressante pour les futurs propriétaires de boules de poils.