Lundi, 27 mai 2024

Éducatrices à la petite enfance : opération séduction

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Lydia Blouin
Lydia Blouin
MédiAT
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Les éducatrices à la petite enfance auront bientôt du renfort dans leurs rangs.

Afin d’offrir les 37 000 places en garderie manquantes aux tout-petits, le gouvernement espère recruter 25 000 éducatrices d’ici 2026. Parmi celles-ci, 7000 seraient des travailleuses du réseau qui obtiendraient le statut d’éducatrices qualifiées. Les mesures mises en place dans ce but totalisent 300 millions de $.

Formations

Les étudiants pourront choisir parmi les nombreuses offres de formations en petite enfance.

Par exemple, ceux qui sont inscrits à temps plein au Cégep peuvent obtenir une bourse de 1500$ par session à temps plein. Cela peut représenter 9000$ à la fin du DEC de 3 ans.

Le programme en alternance travail-études permet aux étudiants de travailler 5 jours et d’être rémunérés tout en poursuivant leur formation. 550 étudiants ont déjà été séduits par ce parcours qui mène à un AEC. Des cohortes seront offertes jusqu’en 2024, pour un investissement total de 122 millions de $.

Selon certaines conditions, les personnes sans emploi peuvent recevoir 475$ par semaine lors d’une formation de courte durée. Celle-ci permet une introduction de 90 heures au domaine de la petite enfance. Elle comprend des cours de secourisme notamment. Les premières cohortes commenceront en mars 2022 et permettront de devenir éducatrice non qualifiée.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, incite la population à se diriger vers le domaine de la petite enfance :

« Être éducatrice ou éducateur de la petite enfance, c’est un métier riche de sens et tellement valorisant. J’invite tous les gens intéressés par le domaine à considérer y faire carrière. Il y a de la place pour toutes les personnes qui veulent donner les meilleures chances possible à nos enfants. »

Reconnaissance des acquis

Le personnel œuvrant déjà dans le réseau pourra aussi profiter d’une reconnaissance des acquis. Des montants seront offerts aux employeurs. Ils permettront de libérer les employés souhaitant se consacrer à l’obtention d’un AEC. Le programme, qui est gratuit, permettra de devenir éducatrice qualifiée.

Les personnes détenant déjà des diplômes pertinents pourront aussi obtenir une formation d’appoint ou de spécialisation dès septembre 2022. Des cours tels qu’un DEC en Travail Social ou des formations à l’étranger seront évalués individuellement. La durée du parcours dépendra des acquis de l’étudiant, mais devrait varier entre 300 et 400 heures.

Pour faciliter le processus de reconnaissance des acquis, un service de certification de la qualification sera également mis en place.

Rétention et attraction

Les personnes à la retraite retournant travailler dans le réseau auront droit à une bonification de 6,6% sur leur salaire. Cela peut représenter jusqu’à 3000$ par an. Ces bonifications seront offertes jusqu’en mars 2023.

L’augmentation de salaire de 18% des éducatrices est aussi un incitatif pour se diriger vers la profession ou y demeurer.

Campagne de valorisation

Pour souligner l’importance de la profession, une campagne de valorisation a été lancée le 17 janvier. Sous le thème « Pour que nos trésors grandissent forts », celle-ci a couté 2 millions de $. Une deuxième phase suivra cet hiver et comprendra notamment des personnalités du Web.

Le ministre de la Famille compte envoyer un message d’espoir aux éducatrices avec cette campagne :

« Actuellement, ce n’est pas facile […]. Non seulement il faut emmener du renfort sur le terrain, […] mais il faut aussi former la relève pour les nouvelles installations. […] Les Québécois ont compris que les éducatrices à la petite enfance, […] c’est faire partie du développement global des enfants. »

*Le féminin est utilisé pour simplifier l’écriture du texte. Les hommes sont aussi bienvenus dans la profession.