Samedi, 13 avril 2024

Violence conjugale : Besoins criants en service d’hébergement en Abitibi-Ouest

Dernière mise à jour: • Publié:
Lydia Blouin
Lydia Blouin
MédiAT
Partager cet article

Une maison d’hébergement temporaire

Les femmes victimes de violence conjugale en Abitibi-Ouest n’ont actuellement accès à aucune maison d’hébergement dans leur MRC. Elles doivent donc être référées à d’autres organismes pour pouvoir trouver un logis d’urgence.

Heureusement, une maison d’hébergement temporaire sera disponible prochainement en attendant l’ouverture de la Maison d’hébergement l’Émeraude, en 2024, qui pourra accueillir jusqu’à 10 femmes et enfants. Karène Landry, gestionnaire de l’organisme, explique :

« Il n’y a jamais eu de maison d’hébergement en Abitibi-Ouest. C’est le seul secteur de la région qui n’a pas de maison d’hébergement. Les besoins sont criants, […] on constate qu’il y a vraiment des besoins dans notre secteur, que ce n’est pas suffisant ce qu’on offre présentement. Les femmes ont vraiment besoin d’un hébergement. Les femmes doivent parcourir plusieurs kilomètres pour se rendre dans une maison, que ce soit vers Amos ou Rouyn-Noranda. »

Un service déficient

Entre-temps, les femmes ont tout de même accès à de l’accompagnement et à du soutien de la part de l’organisme, et ce, depuis juin dernier. Celui-ci, créé officiellement en janvier 2021, est parti d’une initiative de la collectivité en réponse aux nombreux cas d’abus vécus par des femmes au sein de leur vie de couple. Le Centre de femmes l’Érige a par ailleurs géré le projet pendant un certain temps.

Malgré l’offre de services de l’organisme, les besoins de la population sont encore grands. C’est ainsi, grâce à l’hébergement des femmes et des enfants, que l’organisation pourra pleinement remplir sa mission : « lutter contre la violence conjugale faite aux femmes et à leurs enfants par la défense de droit, la prévention et l’intervention (individuelle et collective), visant une société égalitaire et non violente ».

L’auto-fiancement

Les moyens financiers et humains de l’organisme sont cependant limités. On espère donc engager, au total, 15 travailleuses qui pourront soutenir les femmes victimes de violence conjugale. Par ailleurs, sur un montant de 2.5 millions de $, 300 000$ d’auto-financement sont nécessaires pour assurer l’acquisition du lieu d’hébergement, son adaptation et son fonctionnement de base.

Christine Larouche, aussi gestionnaire de l’organisme, souligne :

« La responsabilisation des gouvernements qui étaient en place était essentiel au développement du projet. On a mobilisé nos élus. Par la suite, on a fait des dépôts de projets à différents programmes gouvernementaux qui vont nous permettre, dans un premier temps, de faire l’acquisition d’une maison et dans un second temps, d’assurer le démarrage et les frais d’exploitation pour aller finalement chercher une portion d’auto-financement. »

Plusieurs moyens permettront d’obtenir les montants nécessaires à la création de l’habitation d’urgence. L’organisme sollicitera notamment des entreprises pour obtenir des fonds. Un partenariat avec la Caisse Desjardins à hauteur de 50 000$ est d’ailleurs déjà amorcé. La collaboration de l’équipe de hockey locale, Les Conquérants de La Sarre, qui se réalisera lors de la deuxième édition du Tournoi 24H, permettra aussi d’accumuler de l’argent pour la Maison d’hébergement.