Lundi, 27 mai 2024

Électrification des véhicules : Avantages ou inconvénients

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Guylaine Beauchemin
Guylaine Beauchemin
MédiAT
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L'électrification des véhicules au sein d'une entreprise de transport scolaire, avec un investissement de plus de 4 millions de dollars, constitue un défi majeur. Cette démarche implique une année d'expérimentation visant à évaluer les avantages et les inconvénients de cette transition.

La motivation d’acquérir 13 autobus scolaires, il y a un an découle de l’obligation gouvernementale d’inciter l’entreprise à acheter des véhicules en offrant des incitatifs avant l’entrée en vigueur de la loi selon le propriétaire des Autobus Plante d’Amos.

« Ça a commencé avec le gouvernement qui nous a obligés, à partir d’une certaine date, que tout véhicule thermique, on ne pouvait plus en acheter et qu’on était obligé, si on avait un véhicule à changer, d’acheter un véhicule électrique. », explique Philippe Plante, propriétaire des Autobus Plante.

Avantages

Les avantages observés au cours de cette année d’expérimentation suggèrent que l’investissement dans ces véhicules électriques génère d’importantes économies en carburant et en pièces détachées. De plus, le niveau sonore à l’intérieur des autobus améliore le confort des élèves tout en apportant la tranquillité au conducteur. 

Inconvénients

Plusieurs inconvénients ont été constatés par monsieur Plante. Seulement deux fabricants de véhicules électriques au Québec entrainent une certaine monopolisation, entraînant une augmentation des coûts sur le marché. Les subventions gouvernementales sont offertes uniquement pour les véhicules achetés au Québec, ce qui signifie que les consommateurs doivent payer le plein prix acheté hors de la province.

D’autres inconvénients ont été observés au cours de l’année d’expérimentation :

  • Autonomie : Les autobus ont seulement une charge de 150km à 200km ce qui signifie devoir encore utiliser un réservoir diesel pour chauffer les autobus. Certains parcours ne sont pas électrifiés, donc l’utilisation de véhicule thermique doit rester.
     
  • Batterie : La batterie est exposée aux intempéries de la route. En une année, ils ont dû changer 2 batteries avec un coût de 28 000$ chacun. Le gouvernement n’offre aucune subvention pour changer des batteries. 
     
  • Planification : Pour accueillir ces véhicules électriques, ils ont dû changer l’ensemble du système électrique pour adapter leur garage, mais également adapter le panneau électrique des maisons des chauffeurs pour garder les autobus à leur domicile.
     
  • Acquisition et rentabilité : Ils ont vu une certaine rentabilité au niveau du coût du diesel. Toutefois, est-ce une rentabilité réelle quand un véhicule coûte plus de 300 000 $ à l’achat? L’achat de tels autobus se fait avec un plan de financement et un taux d’intérêt élevé.
     
  • Opération : Le temps de recharge de la batterie n’est pas assez rapide pour effectuer deux trajets d’autobus dans la même journée et quand un employé est malade, que fait-on?

Formation

Quand un véhicule à essence est acheté, l’accès à un garagiste de proximité est accessible. Toutefois, où fait-on réparer et entretenir un véhicule électrique? Le manufacturier des véhicules de transport scolaire amène leur professionnel qui a l’expertise de former le mécanicien de cette entreprise, mais il forme également les chauffeurs. 

Pour les consommateurs réguliers de véhicules électriques, la donne est un peu différente selon le porte-parole du Centre de formation professionnel de Val d’Or.

« On parlait du défi de formation. C’est de former ces gens-là qui vont aller travailler dans les concessionnaires. Oui, je sais que certains fabricants ont leur programme de formation au niveau des employés directement, mais formez la nouvelle main-d’œuvre, c’est un beau défi qui nous attend aussi. », démontre, Marc Moreau, porte-parole du Centre de formation professionnel de Val d’Or.

Regardez le reportage complet d'Enjeux d'icitt.