

L’auteur témiscabitibien Rodrigue Turgeon pourrait remporter l’une des plus grandes récompenses littéraires de la francophonie : le prix France-Québec. Son livre Nanikana fait partie des 8 livres dans la sélection préliminaire.
Pour bien comprendre l’ampleur de son accomplissement, il faut savoir que parmi les gagnants depuis 1975, on retrouve Kukum de Michel Jean, Il pleuvait des oiseaux de l’autrice d’ici Jocelyne Saucier, La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette et Chercher le vent de Guillaume Vigneault.
Nanikana est un essai engagé et un récit d’aventures écrit par l’auteur qui a navigué de Saint-Mathieu-d’Harricana jusqu’à l’océan Arctique. Formidablement bien écrit, sans jamais être hermétique, l’ouvrage permet aux lecteurs de « remonter le fil de fer barbelé de l’histoire » sur le cours d’eau.
Turgeon réagit avec humilité à la présélection de son tout premier livre en carrière. « Porter en France la voix des quelque quinze personnes qui s’expriment à travers ce livre est un grand honneur. Je pense particulièrement aux aîné⋅e⋅s anicinapek et eeyouch qui m’ont partagé leurs souvenirs, leurs visions du monde et leurs craintes les plus intimes concernant l’avenir de leur territoire, dans l’espoir que ces paroles soient diffusées aussi loin que l’eau du fleuve puisse les mener… par-delà l’océan ».
Il rappelle que la « rivière Harricana », qui est en réalité un fleuve et dont le véritable nom d’origine est Nanikana, a une signification bien particulière pour les gens de la région. « Notre fleuve, encore plus que mon livre, est une opportunité de nous rassembler et de voir notre futur sous un nouvel angle. On doit l’embrasser pour permettre aux générations futures de vivre dans un monde plus harmonieux avec ce qui nous entoure. »
Avocat, porte-parole de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine et désormais auteur reconnu, Rodrigue Turgeon s’émeut de constater le pouvoir mobilisateur et rassembleur des mots. « C’est beau de voir la littérature permettre cette rencontre entre nous, notre passé, notre présent, notre futur et ce qui nous maintient en vie. Pour un premier livre, c’est un exemple qui démontre à quel point la littérature est encore, plus que jamais, un moyen qui nous permet de nous déposer, de réfléchir et de choisir dans quel monde on veut vivre. »
Les trois finalistes retenus seront dévoilés le 12 avril 2025 lors du Festival du livre de Paris.
*Crédits photo : William Brière Daigle