Jeudi, 3 avril 2025

Le défi du bac brun de la MRC d’Abitibi

Publié:
Samuel Larochelle
Samuel Larochelle
Journaliste
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La MRC d’Abitibi veut accumuler 1200 tonnes de matières organiques en 2025. Un défi imposant, alors que certains de ses habitants délaissent les bacs bruns depuis quelques années. Afin de renverser la vapeur, le préfet Sébastien D’Astous lance un appel à l’action citoyenne.

Quel est l’objectif du défi 1200 tonnes?

À la base, c’est important de faire du compost et de dévier les matières qui vont au site d’enfouissement. On veut diminuer les gaz à effet de serre et augmenter la durée de vie d’une cellule d’enfouissement. En plus, on génère un compost de qualité qu’on redonne à la population et aux municipalités. Dans les dernières années, on a construit la plate-forme, elle va bien, mais on remarque une baisse des tonnes accumulées au fil des années. Ça devrait aller dans le sens inverse.

Quelle est la stratégie pour changer les choses?

On lance un appel aux citoyens pour qu’ils fassent partie de la solution. Avec le Défi 1200 tonnes, on fournit des outils pour envoyer des rappels et faire prendre conscience de tout ce qui est compostable. En s’inscrivant, les gens recevront des textos, des courriels ou des infolettres. Ils pourront aussi nous poser des questions pour obtenir des réponses quasi instantanées. Également, sur une page web, on va informer la population tous les trois mois sur les tonnes accumulées pour avoir un indicateur de performance qui touche l’imaginaire. 

Pourquoi en parlez-vous comme un objectif ambitieux? 

Nous avons récolté 994 tonnes en 2024, alors l’objectif de 1200 représente une augmentation d’environ 20%. En réalité, notre objectif sera toujours de l’augmenter. Malheureusement, de moins en moins de gens mettent le bac brun sur le bord du chemin. Ça crée un effet d’entraînement : si le voisin ne le fait pas, pourquoi je me forcerais à le faire. L’objectif est que les gens adoptent le compost et utilisent celui qu’on leur offre en retour pour leurs jardins et leurs plates-bandes.

Comment expliquer la réticence des gens, alors que des régions très similaires à l’AT ont adopté le compost? 

C’est une bonne question... Dans le Bas-Saint-Laurent, où j’ai déjà habité, beaucoup de promotion avait été faite : les outils de communication exprimaient à quel point le bac était facile à remplir avec le gazon, les feuilles et les déchets organiques. En AT, on a moins de feuilles et de gazon. Donc, à coup de pelures de banane, c’est long à remplir et on a l’impression de ne pas participer tant que ça. Pourtant, 40% des matières qui vont dans nos poubelles sont compostables. Il faut créer un éveil, une habitude et s’améliorer dans tous les milieux, à tous les âges, en martelant le message. 

Y a-t-il un préjugé défavorable envers le compost?

Il y a toujours de bonnes raisons de ne pas en faire. L’hiver, le bac est pris dans nos gros bancs de neige. L’été, avec la chaleur, il peut y avoir des vers. Ça pue parfois. Chaque individu a son irritant pour justifier pourquoi il en fait moins, mais il faut penser à la collectivité et aux impacts sur l’environnement. Cela dit, on est à l’écoute des besoins des gens : on a augmenté la fréquence des collectes en été et on l’a diminuée l’hiver.

Qu’en est-il des entreprises et des organisations publiques? 

C’est dans notre volonté d’augmenter le compost non-résidentiel. On fait face à des changements pour aller chercher les matières organiques dans un hôtel ou un restaurant. Il y a une question de logistique municipale à améliorer. En même temps, si les gens ne font pas de compost à la maison, ils vont avoir de la misère en faire au travail. Il faut que ça vienne d’une volonté personnelle. 

Plus d’informations ici : https://mrcabitibi.qc.ca/fr/defi1200