

Khate Lessard délaisse la pop dansante anglophone au profit de chansons en français mélangeant le R&B, l’afrobeat et la pop. À partir du 4 avril, le public pourra écouter son deuxième album Dude, un titre choisi par l’artiste trans pour récupérer avec humour les insultes qu’elle reçoit depuis des années.
Comment décris-tu ton nouveau style?
On est allé vers un mélange de vieux R&B, de pop et d’afrobeat. Je connaissais Aya Nakamura, mais je l’ai découverte davantage depuis deux ans et elle m’a beaucoup influencée. J’ai aussi écouté du vieux Rihanna et du vieux Mariah Carey. Je suis très nostalgique dans la vie. Ce son me colle à la peau. J’essaie de pousser ma voix différemment dans quelque chose de plus chaleureux. L’album est très différent du premier. J’ai hâte de voir comment les gens vont réagir.
Pourquoi as-tu pris ce virage musical?
J’ai commencé à sortir de la musique en 2020. J’étais très inspirée par Lady Gaga et les grandes pop stars. J’ai eu du plaisir, mais je suis rendue ailleurs. J’avais besoin d’une certaine profondeur dans mes textes. Peut-être qu’on ne comprend pas à la première écoute de quoi je parle, mais chaque chanson traite d’un problème personnel.
Comme quoi par exemple?
Molotov parle des relations toxiques. Aumône évoque le recentrage que j’ai dû faire en allant dans mes pensées les plus sombres pour trouver certaines réponses; comme un rappel que je dois me prioriser, m’écouter et sortir de ma zone de confort pour grandir. I’m dude traite de la perception des garçons, comment ils me parlent, me voient et m’approchent. Je ris d’une situation assez blessante : quand on me dit que je ne serai jamais une vraie femme. Je parle aussi de ceux qui me parle de manière amicale sans vouloir aller plus loin, parce qu’ils ont peur de comment leurs amis vont les percevoir.
À quel point le travail de création est-il un plaisir?
J’adore ça! Avant, j’aimais surtout le résultat final, mais maintenant, je préfère composer. J’aime que ça me prenne des heures à réfléchir au bon mot. Et laisser ma tête penser pendant des jours à comment je vais interpréter une chanson. Quand j’arrive en studio, mes mélodies sont toutes prêtes dans ma tête. Souvent, lorsque je suis longtemps sur la route, comme en faisant Abitibi-Montréal, je suis seule avec moi-même, j’invente des mots ou des mélodies, je m’enregistre et je les revisite plus tard.
Pourquoi es-tu allée en Abitibi-Témiscamingue, il y a quelques jours?
Pour créer du contenu. C’est la deuxième année que la région m’encourage et me met sur des panneaux un peu partout pendant une semaine. Je trouve ça l’fun de voir que je suis mise de l’avant dans le coin où j’ai vécu tellement de difficultés et où je me fais encore dévisager par certaines personnes. Ça me fait du bien.
Aimerais-tu offrir des spectacles?
Je n’en ai jamais fait encore. Mon but est d’organiser un événement cet été, en invitant les médias et les gens qui m’écoutent dans une salle de spectacle. Je suis aussi en communication avec plusieurs festivals pour me booker en vue de l’an prochain.