Samuel Larochelle propose 75 portraits queers et un regard positif sur les LGBTQ+


Une semaine avant son lancement officiel, l’auteur Samuel Larochelle, a lancé son plus récent ouvrage en primeur dans sa ville natale. Les queers qui ont changé le monde présente une vision positive de cette communauté qui a elle aussi façonné le monde d’aujourd’hui.
«Il y a plusieurs années j’ai vu des ouvrages destinés aux personnes noires ou encore des livres qui montraient des modèles aux jeunes filles pour qu’elles se permettent de rêver à des métiers, des programmes d’étude non-traditionnellement féminins et ça m’a fait penser que nous aussi, les personnes queer, nous avions besoin de modèle, a partagé l’auteur de Les queers qui ont changé le monde, Samuel Larochelle. J’allais donc faire des portraits pour montrer qu’on a été capable d’excellence dans plein de sphères de la société. Démontrer aussi à la population que le monde actuel n'existe pas sans nous, sans nos réalisations en art, en sport, en politique, en affaire et en science…»
Un travail de recherche colossal
Cet ouvrage démontre bien que le monde LGBTQ+ existe depuis des siècles. « Contrairement à ce que certains idiots disent : ce n’est pas une mode, ce n’est pas récent», a-t-il poursuivi.
Ce plus récent ouvrage de Samuel Larochelle met donc en lumière toute une communauté via 75 portraits de personnes queers. L’auteur rassure tout le monde : le livre a été écrit d’une manière simple, vulgarisée avec quelques coups de gueule, une touche d’humour. Un livre qui se lit tout seul selon lui.
Le travail de création a nécessité beaucoup de temps de recherche pour l’auteur. Il n’y a pas d’entrevues. Beaucoup de personnalités qui s’y retrouvent sont d’ailleurs aujourd’hui décédées.
«Je me tiens au courant des réalités lgbtq+ depuis très longtemps notamment via ma collaboration avec le magazine Fugue, a-t-il expliqué. Malgré tout ça, j’ai fait énormément de recherche. J’ai cherché les queers les plus influents de chacun des milieux. J’ai sélectionné celles qui avaient les histoires les plus intéressantes.» Samuel Larochelle s’est assuré qu’il y ait aussi une diversité culturelle, pas seulement des hommes gais blancs qui prennent déjà plus d’espace médiatique.
Des histoires fascinantes
Même en étant très au courant des réalités, Samuel Larochelle, confirme qu’il a aussi appris beaucoup de choses. «… D’apprendre qu’un couple de femmes qui s’est marié en Angleterre au 19e siècle, bien avant que ce soit légal, je les trouve badass. De savoir qu’un boxeur trans a performé après sa transition de genre, je ne le savais pas non plus, a-t-il lancé. Ou encore qu’un docteur trans a sauvé plein de gens malades atteints de la tuberculose. Imaginez si les gens avaient su qu’ils donnaient leur vie à une personne trans alors que les préjugés les dénigrent constamment, Quelle ironie!»
L’auteur amossois s’intéresse également à plusieurs québécois comme les femmes qui ont permis le développement de la ligue féminine de hockey, Farah Alibay qui brille avec la NASA ou encore Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre symphonique de Montréal.
Plus simple de pointer les minorités
Si des personnes ne croient pas encore que la communauté LGBTQ+ existe depuis lontemps, ils trouveront intéressants de savoir que nul autre qu’Alexandre le Grand est mentionné dans le livre. On peut donc se demander pourquoi, si cette réalité est présente depuis tant de temps, pourquoi la haine persiste envers eux.
«La raison est simple et triste, a-t-il enchaîné. À travers l’histoire, quand il y a de graves problèmes de société, on pointe toujours les minorités. Les immigrants, les différentes confessions religieuses, les gais et lesbiennes à l’époque et maintenant les trans et non-binaires.»
M. Larochelle pose un regard sévère sur les personnalités médiatiques et politiques qui souvent, pour détourner les yeux des enjeux fondamentaux (La crise du logement, l’itinérance, la santé mentale, l’environnement…) Ils ne font rien, mais ils jettent de l’huile sur le feu sur les enjeux trans et non-binaires pour transformer ça en grand problème de société.»
M. Larochelle conclut en souhaitant que ce livre puisse apaiser les personnes qui véhiculent des préjugés envers les personnes queers. «Au-delà de mon livre, il n’y a rien de mieux que de parler à une personne LGBTQ+, s’intéresser à son vécu pour comprendre que nous ne sommes que des humains qui veulent vivre et qu’on ne veut pas les déranger autant», a-t-il affirmé.