Jeudi, 22 janvier 2026

L’A-B-C du déneigement de nos routes, selon le MTQ

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Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Ici, Rémi Bilodeau, chef d'équipe au Centre de services d'Amos nous présente le début du circuit 111 sud du Chemin Veillette (sortie d'Amos) jusqu'à la courbe de l'ancienne mine à La Corne. Photo : Mathieu Proulx
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Le 12 janvier, l’équipe du MTQ au Centre de services d’Amos a permis aux médias régionaux de faire une incursion dans le monde fascinant du déneigement. La journée était parfaite. Les routes étaient déjà dégagées grâce au travail des opérateurs de déneigeuse ce matin-là.

Le ministère des Transports du Québec entretien chaque année un réseau routier de 2600 km. Le budget total grimpe à 36 M$ pour l’entretien hivernal en Abitibi-Témiscamingue. On utilise plus de 48 000 tonnes de sel, 87 000 tonnes d’abrasifs et 13 000 litres de saumure (calcium liquide) afin de rendre nos routes sécuritaires.

Comme l’a expliqué la conseillère en communication au ministère des Transports du Québec, Nicole Gaulin, le MTQ a la charge de 15% des routes dans la région alors que 85% sont données à contrat à des sous-traitants. 

Nicole Gaulin, conseillère en communication au ministère des Transports nous indique que le Centre de services d'Amos a le plus vaste réseau de routes à entretenir parmi l'ensemble de la région. Photo : Mathieu Proulx

Trois tronçons et 90 kilomètres de routes

Par exemple, comme le mentionne le chef d’équipe au Centre de services d’Amos, Rémi Bilodeau, dans la MRC d’Abitibi, le MTQ a la charge des routes 111 nord entre Amos et Launay, la 111 sud entre Amos et La Corne ainsi qu’un circuit urbain incluant le secteur des carrefours giratoires, du Canadian Tire et la 6e Rue Ouest jusqu’à Pikogan.  Les routes 109 et 395, par exemple, sont sous la responsabilité de contracteurs privés.

La MRC d’Abitibi possède le plus grand réseau de routes à entretenir en comparaison aux autres secteurs de la région.

En route, dans son camion équipé de tous les outils pour prendre les bonnes décisions quant au déneigement, M. Bilodeau nous explique son travail. «En soirée, notre travail consiste à sécuriser la route, a  mentionné celui qui cumule plus de 18 ans d’expérience au MTQ dont 8 ans comme chef d’équipe. Le jour, les équipes sont là pour ouvrir le chemin suffisamment et s’assurer que ce soit sécuritaire.» On s’assurera d’élargir les routes, couper les bancs de neige lorsque nécessaire. «Lorsqu’il y a beaucoup de vent, c’est plus compliqué, a-t-il poursuivi. On s’attaque aux lames de neige en priorité. La route 111 Nord est souvent plus difficile à entretenir que la 111 sud pour cette raison.» 

Au centre de services d’Amos, on compte trois chasse-neiges pour assurer l’entretien des différents secteurs cités plus haut. Un quatrième chasse-neige est aussi disponible lors d’un bris d’équipements.

Ici, l'une des quatre  déneigeuses disponibles au Centre de services d'Amos. Photo : Mathieu Proulx

 

3000 tonnes de sel pour Amos

Au garage du ministère, on prépare et entretient les camions et on s’approvisionne en matériel pour bien entretenir le réseau.

Fait intéressant, la région de l’Abitibi-Témiscamingue est la seule à ne pas s’approvisionner en sel aux Îles-de-la-Madelaine. En raison de l’éloignement, les cinq centres de services s’alimentent plutôt dans une mine de l’Ontario, la mine Goderich, située sous le Lac-Huron, dans la région de Toronto. 

Technicien en travaux publics au Centre de services d’Amos, Éric Curadeau, nous a expliqué qu’on effectue un contrôle de qualité rigoureux à chaque livraison. On évalue principalement le taux d’humidité pour éviter que des amas se forment ainsi que la taille du grain. « Les amas peuvent endommager la machinerie et du grain trop gros pourrait causer des dommages sur les pare-brise des véhicules. 

L'entrepôt de sel utilisé pour épandre sur nos routes. Chaque année, on éprendra près de 3200 tonnes de sel sur les routes 111 Nord et Sud ainsi que dans le secteur urbain du territoire de la MRC d'Abitibi. Photo : Mathieu Proulx

Du calcium liquide pour diminuer le sel

M. Curadeau explique que le choix du matériel dépend de la température. Entre -7 et -15, on ajoutera du calcium liquide dans le mélange pour permettre au sel d’agir plus rapidement. 

Le calcium liquide permet d’augmenter le point de congélation de 0 à -21 empêchant la neige de durcir. Les véhicules permettent ensuite de détruire la neige qui reste sur la chaussée en roulant. Le calcium liquide permet également de réduire les quantités de sel utilisées ayant un impact positif économiquement mais surtout du point de vue de l’environnement

À ce sujet, l’Abitibi-Témiscamingue trône au sommet des régions ayant le plus d’Écoroutes avec neuf tronçons. Ceux-ci sont choisis en fonction des endroits à protéger comme les milieux humides. On y épandra aucun sel. Dans la MRC d’Abitibi, les routes 397 au nord de Despinassy (Canton laus) et la route du 6au 19e rang à Launay sont classées Écoroute.