Le syndicat des paramédics de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec affilié à la CSN ont procédé à une marche funèbre pour rappeler le départ de 46 confrères depuis 2021 et l’inertie des négociation visant le renouvellement de leur convention collective échue depuis le 31 mars 2023.
Une cinquantaine de paramédics ont défilé au centre-ville d’Amos sous la musique digne d’une procession funéraire des années 2000 entre l’hôpital d’Amos et le bureau de la députée d’Abitibi-Ouest, Suzanne Blais.
46 départs depuis 2021
Pour le syndicat, les départs qui s’accumulent, la crainte d’une diminution de salaire de 4$ de l'heure ne font qu’accentuer la désertification de la profession comme l’a expliqué la vice-présidente régionale de la Fédération de la Santé et des Services sociaux, Lyne Massicotte.
« On veut souligner l’inaction du gouvernement et le refus de négocier, a-t-elle lancé d’entrée de jeu. On est encore sur les mêmes affaires qu’au début (de la négociation) avec un recul salarial de 4$ l’heure. Pendant que les négociations stagnent, les départs se multiplient.»
En Abitibi-Témiscamingue, 46 départs ont un impact certain sur les services rendus. « La profession s’éteint tranquillement et les cohortes ambulancières sont de moins en moins garnies, a poursuivi la vice-présidente. Il faut aller de l’avant et renouveler la convention collective.»
Des conditions peu attrayantes
Pour expliquer les départs, Mme Massicotte voit souvent des changements de carrière. « Les conditions de travail ne sont pas incroyables, a-t-elle relaté. Les avantages de travailler en Abitibi-Témiscamingue ne sont pas différents d’ailleurs.» Le syndicat demande d’ailleurs des primes d’éloignement pour favoriser l’attractivité en Abitibi-Témiscamingue.
Mme Massicotte espère maintenant du gouvernement que les parties puissent se rasseoir à la table des négociations. «On espère minimalement aucun recul dans les échelles salariales», a-t-elle ajouté. Le syndicat en est maintenant à la 27e semaine de grève générale illimitée.
La vice-présidente considère anormal qu’un gouvernemment puisse prendre autant de temps pour négocier des contrats de travail. « Cette tendance s’observe dans plusieurs organismes gouvernementaux, mais là, 3 ans sans convention, c’est inacceptable. Rappelons que ces paramédics méprisés ont traversé une pandémie en étant essentiels et en gardant le système à bout de bras», a-t-elle conclu
Le curé Lafleur livre son homélie
N’ayant pas froid aux yeux, ni peur des prières de rue, la procession funéraire a été ponctuée d’une homélie du président du Conseil centrale de l’Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec, Félix-Antoine Lafleur. « Les porte-paroles patronaux disent entendre nos demandes. Les porte-paroles syndicaux disent Amen! Mais les écoutez-vous ? (…) Répétons ensemble, frères et sœurs, Oh Saint-François du Christ, donnes-nous la force de négocier sans perdre nos âmes, ni 4$ de l’heure. Depuis mars 2023, nous avons veiller, espérer, compter les jours et les heures supplémentaires, mais hélas la possibilité d’une entente repose toujours dans un cercueil de mauvaises volontés et de négligences.»