Alors que l’année 2026 promet d’être rocambolesque sur la scène politique tant au fédéral, provincial et au municipal, l’équipe de MédiAT a demandé à vos élus leurs résolutions pour la prochaine année. Quels seront les dossiers qui les occuperont au cours des prochain mois ?, quelles priorités il ne faut absolument pas rater.
Voici d’abord les résolutions des élus au fédéral, Mandy Gull-Masty, députée d’Abitibi-Bais-James-Nuvavik-Eeyou et Sébastien Lemire, député d’Abitibi-Témiscamingue.
Pour nos deux élus fédéraux, l’économie prendra une grande place en 2026. La foresterie, qui a connu une autre année (très) difficile doit être mieux soutenue selon le député d’Abitibi-Témiscamingue, Sébastien Lemire. Mandy Gull-Masty félicite quant à elle son gouvernement pour le 1,2G$ annoncés en garanties de prêts et qui permettra de moderniser les installations des forestières.
« Cet investissement vise à moderniser les installations, stimuler l’innovation, améliorer la productivité et aider les entreprises à traverser les périodes de ralentissement, tout en protégeant les emplois existants et en créant des emplois durables pour l’avenir », a-t-elle déclaré.
Son vis-à-vis régional rappelle toutefois que cette mesure ne répondait pas aux attentes de l’industrie. « Il n’est pas normal que la réponse soit une ligne de crédit quand les revenus sont en baisse, a-t-il déploré. Nous avions proposé notamment une subvention salariale pour que les entreprises puissent conserver leur expertise.» M. Lemire espère que le gouvernement puisse revoir sa stratégie et qu’il investisse dans l’innovation et le développement de nouveaux produits.

Minéraux critiques et stratégiques
Les minéraux critiques continuent de faire couler beaucoup d’encre et le gouvernement fédéral en fait une priorité pour le développement de l’économie du pays. Pour M. Lemire, il faut arrêter de développer cette sphère par le produit fini, le véhicule et les batteries. Il faut plutôt, selon lui, développer la chaîne à partir de la matière première.
« C’est aussi pourquoi la place de l’Abitibi-Témiscamingue est centrale dans cette stratégie. Cependant, elle ne doit pas être celle d’une région où on extrait les ressources pour les envoyer se faire transformer ailleurs », a-t-il mentionné.
La députée Gull-Masty croit également que L’Abitibi-Témiscamingue occupe une place stratégique dans le développement des minéraux critiques grâce à son expertise. «Le gouvernement fédéral souhaite soutenir le développement de projets à toutes les étapes, de l’exploration à la transformation, afin de créer des emplois durables en région, a-t-elle souligné. Ce développement doit se faire de manière responsable, en collaboration avec les communautés locales et autochtones, pour assurer des retombées économiques concrètes et durables.
Immigration
Au niveau de l’accueil des nouveaux arrivants, les deux élus s’entendent pour dire que les programmes doivent être mieux adaptés aux régions. D’un côté, Mme Gull-Masty souhaite que l’on travaille en étroite collaboration avec les ministères concernés et pouvoir répondre aux besoins spécifiques de chaque territoire. « Nous sommes déjà en contact avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada ainsi qu’avec Emploi et Développement social Canada, afin d’identifier différents moyens d’ajuster les programmes existants à la réalité unique de notre région», a mentionné la députée.
M. Lemire se fait quant à lui plus critique à l’endroit du fédéral et du provincial. Il croit à l’importance de la régionalisation des programmes d’immigration.
« Le mur-à-mur, que ce soit à Québec ou à Ottawa, ça ne marche pas. Chaque région a ses propres besoins, ses propres réalités et cela nécessite une approche décentralisée, a-t-il insisté. En ayant une approche « coast-to-coast-to-coast » canadienne, Ottawa agit en se préoccupant des grands centres urbains plutôt que d’avoir une approche plus locale. En octroyant plus de pouvoirs à Québec, cela permettrait à Québec de mieux cibler son immigration et d’avoir des stratégies régionales qui fonctionnent mieux qu’une approche canadienne centralisatrice.
Logements
La construction de nouveaux logements a également été cités comme une priorité par les deux députés.
« Le logement doit être une priorité, a pour sa part déclaré M. Lemire. Les programmes d’Ottawa ne sont aucunement adaptés à la région. De nombreux porteurs de projet se retrouvent à devoir se battre avec la Société canadienne d’hypothèque et de logement afin d’obtenir les sommes qui leur sont promises et doivent répondre à des critères qui ne sont pas adaptés à la réalité de notre région.» Il se désole également qu’aucune entente n’ait été conclues avec le Québec dans le programme Bâtir Maisons Canada et que les seuls projets annoncés soient situés dans les régions métropolitaines.
Mme Gull-Masty rappelle à cet effet que la table intergouvernemental tenue en décembre a permis d’identifier le logement comme grande priorité dans la région. « Mon engagement est de poursuivre et intensifier ce type de rencontres, afin que les décisions prises à Ottawa soient alignées avec les réalités locales et produisent des résultats concrets pour les citoyens », a-t-elle ajouté.
Les deux députés auront donc une année remplie de projets et de dossiers cruciaux en 2026. M. Lemire a conclu en appréhendant une année déterminante pour l’avenir et l’autonomie du Québec et ses régions avec une élection provinciale au plus tard cet automne et possiblement une élection fédérale dans le contexte d’un gouvernement minoritaire.