Lundi, 2 février 2026

Perspectives politiques de la CSN : « La dérive autoritaire doit cesser »

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Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Le président du Conseil centrale Abitibi-Témiscaminge, Nord-du-Québec, Félix-Antoine Lafleur, espère, en 2026, rassembler l’ensemble de la société civile autour des enjeux de la vitalité régionale. Photo : Mathieu Proulx
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Le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec- CSN a présenté mardi dernier son bilan politique et syndicale de la dernière année. Son président, Félix-Antoine Lafleur, dresse un bilan peu flatteur du gouvernement caquiste de François Legault qui a démissionné au début de l’année en cours, qualifiant ses derniers mois de gouvernement de la déchéance.

« Les attaques de la CAQ ont visé directement la liberté d’expression,  a-t-il critiqué en parlant notamment des projets de loi sur l’encadrement et la transparence des syndicats et la loi 14 sur le droit de grève. Il y a aussi beaucoup d’autres projets de loi qui ont pour objectif de bâillonner les voix dissidentes. Clairement, on va faire front en 2026 pour dire à la CAQ et aux élus que la dérive autoritaire ne peut pas se poursuivre.»

 

Développement régional et logements comme enjeux prioritaires

Le président aurait préféré que le gouvernement s’occupe des enjeux essentiels plutôt que de trouver des boucs émissaires aux problèmes gouvernementaux. Les syndicats et l’immigration ne peuvent être tenus responsables de tous les maux selon lui.

D’ailleurs, les membres de la CSN en Abitibi-Témicamingue et au Nord-du-Québec ont placé l’enjeu du logement et de la dévitalisation de la région comme des priorités absolues, selon M. Lafleur.

« Il faut plus de logements sociaux en Abitibi-Témiscamingue, a mentionné M. Lafleur en entrevue. Présentement, les logements qui se créent servent à la location court terme et au navettage (fly-in-fly-out) et ç,a pour nous, c’est un fléau qu’il faut endiguer rapidement.»

La dévitalisation régionale, démontrée par l’étude des préfets, au printemps dernier, avec son déficit fiscal, parle également à la CSN. « On doit lutter contre ces enjeux-là qui amènent de la dévitalisation, a poursuivi M. Lafleur. Nos écoles tombent en morceaux, les services cessent, notamment les unités de soins en santé mentale à Amos et Malartic.Il y a un recul depuis plusieurs années et on compte 500 postes abolis dans la dernière année. » 

 

Concerter les acteurs

Pour le représentant syndical, la région peut être plus autonome et doit diversifier son économie. « Tant en forêt que dans les mines, on a l’impression d’être trop fragile avec peu de 2e et 3e transformation, a-t-il expliqué. On veut créer des alliances stratégiques avec l’ensemble de la société civile, alliés naturels ou non. On pense qu’on peut rallier le plus de gens à la cause.» L’objectif est d’envoyer un message clair au futur gouvernement élu le 3 octobre à l’effet que la région peut et doit décider son avenir par et pour elle-même « et qu’on nous donne les ressources pour le faire.»

 

Grève sociale

Félix-Antoine Lafleur observe un fossé entre les classe ouvrière et les dirigeants. Une grève sociale commence à être discuté en coulisse en raison de ces mécontentements qui augmentent depuis plusieurs mois.

La démission récente du Premier ministre n’aide en rien à cette colère, selon M. Lafleur. « Ça ajoute plutôt à l’instabilité, a-t-il poursuivi. Les travaux parlementaires vont être impactés et régionalement, ce n’est pas la présence ou non du Premier ministre qui est problématique. Espérons que l’on va voir certains ministres émergés, entendre des voix plus posées et cesser les attaques.» 

 

Bilan syndical

Le syndicat a eu une année bien occupé en 2026 alors que 21 de leurs syndicats affiliés ont ratifié une nouvelle entente collective au cours des derniers mois. M. Lafleur a d’ailleurs souligné l’effort des éducatrices en CPE qui, après 13 jours de grève, ont pu obtenir un règlement.

Trois nouvelles accréditations syndicales sont entrées dans la famille de CCATNQ-CSN dont les travailleuses du CPE Abinojic-Miguam à Val-d’Or. 

Sur une note plus fâcheuse, le représentant syndical souligne que sept syndicats sont toujours en attente d’un nouveau contrat de travail. Les agents correctionnels et les paramédics ont franchi la barre de 1000 jours de grève. 

À ceux-ci, s’ajouteront 13 syndicats de différents milieux (alimentation, hôtellerie, construction…) qui verront leur entente collective venir à échéance en 2026. On parle d’environ 700 travailleurs concernés.