Jeudi, 5 février 2026

Fonderie Horne : La CSN presse Québec de s'entendre avec Glencore

Publié:
Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Les représentants de la CSN et la présidente, Caroline Senneville, (2e à partir de la droite) exige que le gouvernement du Québec s'entende avec Glencore pour assurer la pérennité de l'usine et rassurer les travailleurs. Photo : Mathieu Proulx
Partager cet article

La CSN exhorte le gouvernement du Québec à reprendre les discussions avec Glencore et permettre la production de cuivre au Canada. 

En point de presse à Rouyn-Noranda, la présidente de la CSN, Caroline Senneville, est venue appuyer ses collègues du syndicat de la mine Noranda, Shawn Smith, le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec (CCATNQ), Félix-Antoine Lafleur et les travailleurs de la Fonderie Horne.

Ces derniers traversent une tempête importante depuis l’annonce de Glencore qui a mis sur pause son plan d’investissements totalisant 1G$ dont 300M$ pour l’assainissement de la qualité de l’air.

Mme Senneville croit, qu’à la lumière des dernières discussions entre le gouvernement du Québec et Glencore, il est possible d’identifier des solutions pour s’entendre. 

« Il doit y avoir moyen de fixer un seuil pour l’arsenic avec des échéanciers réalistes en fonction des travaux nécessaires et de prévoir un nombre d’années suffisant pour qu’on ne revive pas la saga actuelle dans un avenir rapproché et qu’on lève enfin l’incertitude actuelle », a affirmé, Caroline Senneville

Elle poursuit : «Pour nous, ce qui est important, c’est de faire une transition juste, a affirmé, Caroline Senneville, en point de presse. Pour le faire, il faut se donner des moyens pour atteindre les objectifs, faire des suivis tout en suivant les nouvelles technologies disponibles. »

Mme Senneville a rappelé que le 300 nanogrammes d’arsenic par m3 était inacceptable, mais que l’atteinte du 45 nanogrammes représente une amélioration considérable et qu’il reste du travail  à faire. «Tout ça n’a pas été fait pour nos beaux yeux par l’employeur, a-t-elle poursuivi. Ils l’ont fait grâce aux pressions des travailleurs et de la population. Maintenant, Glencore demande un plan de match clair pour savoir où ils s’en vont après avoir investi 300 M$.» 

 

«L’anxiété à laquelle les travailleurs sont confrontés, c’est incroyable, a pour sa part, déclaré le président du syndicat des travailleurs de la Mine Noranda (Fonderie Horne), Shawn Smith. On comprend l’anxiété de la communauté, mais les travailleurs aussi en vivent. »

Pour lui, les délais demandés par Glencore sont raisonnables. « Rappelez-vous que nous avons une usine bientôt centenaire, a-t-il expliqué. Chacun des travaux qui y sont faits ont des impacts sur l’ensemble. On ne peut pas juste arriver avec une nouvelle technologie et l’installer, il faut l’adapter. C’est ce que nos travailleurs font chaque jour.» 

M. Smith demande donc aux deux paliers de gouvernement de ne pas tarder pour régler le dossier rapidement. « Pour rassurer la communauté, le syndicat s’est toujours battu durant des décennies pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs. On croit qu’on peut atteindre le 15 nanogrammes si on nous donne une chance.» 

Pour sa part, le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), aussi présent au point de presse,  a aussi demandé l’implication des deux paliers de gouvernement. Pour lui, la Fonderie est une pièce maîtresse de la filière cuivre au Canada étant la seule usine du genre au pays. « On se demande si le gouvernement canadien a les moyens et l’intérêt d’aider à régler le dossier de la Fonderie Horne pour qu’on puisse continuer d’acheter du cuivre canadien. C’est toujours le silence du côté d’Ottawa, malgré nos appels précédents »

 

Legault réagit par voie de communiqué

Quelques minutes avant le point de presse des syndicats de la CSN, le Premier ministre et ministre responsable de l’Abitibi-Témiscamingue, François Legault, sortait de son mutisme par voie de communiqué. 

Il a d’abord rappelé ses préoccupations pour l’économie et les emplois en région. Il a poursuivi mentionnant son ouverture à garantir sept ans de prévisibilité réglementaire afin de soutenir l’économie régionale. 

«Avant de confirmer ces sept années additionnelles, les élus municipaux de Rouyn-Noranda devront s’assurer qu’il y a une acceptabilité sociale au sein de la communauté », a-t-il écrit.

« Les gens de Rouyn-Noranda veulent des solutions concrètes, a ajouté le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Daniel Bernard. Comme député, mon rôle, c’est de faire le lien avec les acteurs locaux sur le terrain. On est prêts à poser un geste important pour l’économie et les emplois, mais ça doit se faire avec des engagements clairs et dans le respect de la communauté. »

Nous avons contacté le maire de Rouyn-Noranda, Gilles Chapadeau, qui a préféré s’abstenir de commentaires pour l’instant.