Les 19 et 20 février derniers, à Val-d’Or, la Société des eaux souterraines de l’Abitibi-Témiscamingue a réuni plusieurs dizaines d’acteurs afin de discuter des enjeux entourant la protection des eaux souterraines et de l’eau potable sur le territoire. Étudiants, chercheurs, industriels, élus et fonctionnaires municipaux se sont rassemblés pour partager leurs connaissances. Médiat a assisté à l’événement afin de témoigner d’une partie des échanges sur le sujet.
L’accès à l’eau potable demeure un enjeu important à surveiller dans les communautés autochtones de la région, selon les travaux de l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador.
Les hydrogéologues de l’Institut, David Granger et Laurence Labelle, ont présenté l’étendue de leurs travaux sur les sources d’eau des communautés autochtones en Abitibi-Témiscamingue lors du Forum sur l’eau de la Société des eaux souterraines.
David Granger a dressé un portrait régional des communautés. Au total, six communautés se trouvent sur le territoire, en comptant celle de Lac-Barrière, située dans la réserve faunique La Vérendrye.
Cette communauté compte environ 600 habitants desservis par un puits. On y surveille des taux élevés de manganèse et de fer.
À Lac-Simon, trois puits desservent près de 2 000 habitants. Ils sont situés sur des dépôts meubles et des traitements pour le manganèse et le fer sont nécessaires afin d’assurer la qualité de l’eau. Le débit y est limité et ne suivrait pas l’évolution de la population. Selon M. Granger, la situation demeure préoccupante à cet égard.
Au Témiscamingue, la communauté de Winneway (500 habitants) est desservie par deux puits, tandis que Timiskaming First Nation (670 habitants) l’est également par deux puits, où la qualité de l’eau demeure à surveiller en ce qui concerne le fer et le manganèse.
Pour Kebaowek, toujours au Témiscamingue, il s’agit de la seule communauté à s’alimenter en eau à partir d’une source de surface. L’eau est puisée directement dans le lac Kipawa. « Fait particulier, malgré la proximité, Kebaowek n’a aucun accès direct au lac Kipawa, hormis une petite marina », a souligné David Granger.
Du côté de Kitcisakik, si les membres ont obtenu un branchement à Hydro-Québec après plusieurs années d’attente, les résidents n’ont toujours pas d’aqueduc. Ils doivent utiliser un puits communautaire et un bloc sanitaire, puis transporter des cruches d’eau jusqu’à leur domicile.
Dans la MRC d’Abitibi, Pikogan est la seule communauté située à proximité d’un grand centre urbain, soit Amos. La communauté est donc raccordée au réseau d’aqueduc amossois. La Ville d’Amos reçoit une redevance pour les services rendus.
Accompagner et autonomiser les communautés
Comme l’a expliqué l’ingénieure en hydrogéologie de l’Institut, Laurence Labelle, le rôle de l’organisme est d’accompagner et d’outiller les communautés afin d’assurer une bonne gestion de l’eau. Concrètement, l’Institut offre un programme de formation destiné aux techniciens en traitement de l’eau. Ces personnes peuvent notamment procéder à l’échantillonnage de l’eau souterraine afin d’en évaluer la qualité.
L’Institut propose également un service 24/7 par ligne téléphonique ainsi qu’un service d’analyse des sources d’eau potable.