Il reste encore beaucoup de travail à faire pour rendre l’Abitibi-Témiscamingue plus attractive, mais surtout pour permettre de retenir les nouveaux arrivants qui s’y installent de plus en plus, mais qui repartent trop souvent après quelques années seulement selon Attractivité Abitibi-Témiscamingue (AAT)
Mercredi, l’organisme mandaté pour l’attraction et la rétention de nouveaux arrivants a réuni une centaine d’acteurs de la société civile afin d’identifier les besoins criants en matière d’attractivité et de rétention. Réunis au Centre de congrès de Rouyn-Noranda, les participants ont tracé le bilan des actions qui ont été faites ces dernières années et tenter d’identifier les obstacles qui demeurent.
« Aujourd’hui, on veut connaître les difficultés qu’on n’a pas vu avant, les angles morts devant nous et identifier des pistes de solution qui se pointent à l’horizon, a affirmé en entrevue le président d’ATT», Sylvain Blais.
Bien évidemment, le logement, les places en CPE, les services de proximité sont tous des éléments importants à surveiller pour demeurer et améliorer notre attractivité. « Est-ce que c’est un peu tout ça ? (Probablement) … mais on ne pourra pas tout faire. Il faut donc tenter collectivement avec la population de prioriser les éléments et faire un plan d’actions clair.»

À peine de 50% des nouveaux arrivants restent
La rencontre s’est déroulée alors que le Programme de l’expérience Québécoise (PEQ) a été suspendu par le Gouvernement du Québec et que les pressions des milieux économiques et municipaux s’intensifient pour garder les gens établis chez-nous.
Pour Sylvain Blais, il est clair que sans l’immigration temporaire, le bilan migratoire de la région est négatif. « C’est certain que les changements législatifs des deux paliers de gouvernement nous amènent à être encore plus soucieux de l’enracinement des personnes immigrantes en Abitibi-Témiscamingue, a-t-il poursuivi. Selon les chiffres de l’observatoire, à peine de 50% des gens qu’on attirer demeurent en région cinq ans plus tard. Comment on peut améliorer ce taux ? Ce sont les questions qu’on se pose parce qu’on pourrait voir 700 ou 800 personnes annuellement demeurer dans la région ce qui n’est pas négligeable.»
Améliorer nos infrastructures de transport
Si ces personnes quittent après cinq ans, on peut présumer sans se tromper que l’enjeu n’est plus le logement uniquement ou les places en garderie, mais l’éloignement, les longues heures de route pour atteindre les grands centres et les aéroports internationaux qui deviennent des contraintes lourdes avec le temps.
« Comme Témiscabitien, le Parc Lavérendrye ne représente pas un obstacle, mais pour les gens de l’extérieur, c’est autre chose, a poursuivi le président d’AAT. Je constate que nous sommes l’une des seules régions à avoir une route isolée aussi longue entre deux pôles.» En contrepartie, la desserte aérienne est encore déficiente et coûteuse pour les citoyens qui préféraient voyager par les airs.
Obtenir notre juste part
Les investissements massifs sont donc nécessaires afin de mettre l’Abitibi-Témiscamingue au même niveau que les autres comme l’explique le président de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue, Gilles Chapadeau.
« On a nommé un déficit fiscal dans l’étude que l’on a commandé à la firme Aviséo, a-t-il rappelé. Évidemment, oui, ça prend de l’argent, mais on ne demande pas la charité. On demande l’équité et notre juste part simplement.»
M. Chapadeau est confiant qu’une rencontre comme celle-là puisse donner une voix forte comme région pour faire avancer les dossiers importants auprès des gouvernements et surtout dans le contexte de la campagne électorale québécoise qui s’approche de plus en plus. « Chaque fois qu’on a travaillé ensemble comme région, on a obtenu des gains, a-t-il souligné. Aujourd’hui, on travaille ensemble là-dessus. Nous serons un acteur important durant la prochaine campagne.»
À la suite de cette journée, Attractivité Abitibi-Témiscamingue pourra produire un plan d’actions concret pour les prochains mois à venir afin de poursuivre. « Comme organisation, on va faire ce qu’on peut et on va s’assurer de mandater les bonnes personnes pour les bonnes actions», a conclu Sylvain Blais.