Mercredi, 25 février 2026

Lettre ouverte : QUE CEUX QUI SE DISENT « RÉGIONALISTES » SE LÈVENT

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Équipe MédiAT
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Pierre Dufour porte la voix régionale pour le déficit fiscal et l'augmentation des redevances minières. Photo : Archives
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Dans les dernières semaines, le gouvernement en place, les chefs de partis de l’opposition ainsi que les deux candidats à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, n’hésitent pas à s’auto-proclamer « régionalistes ». Alors que l’Abitibi-Témiscamingue subit un déséquilibre structurel et historique d’investissements publics, c’est aujourd’hui l’occasion pour eux de démontrer que le régionalisme n’est pas uniquement un slogan vide et de s’engager concrètement envers l’un des principaux poumons économiques du Québec.


L’Abitibi-Témiscamingue s’est développée au coeur d’un grand projet de développement du territoire québécois. Le dernier clou reliant le chemin de fer d’est en ouest au Canada a été planté près de Senneterre en 1913. L’arrivée du rail, les politiques de colonisation et les grandes découvertes minières le long de la faille de Cadillac ont façonné Amos, Rouyn-Noranda, Malartic et Val-d’Or. Bien avant cela, les Premières Nations algonquines occupaient et structuraient ce territoire depuis des millénaires.


L’histoire de l’Abitibi-Témiscamingue est donc intimement liée à celle du développement économique du Québec. Mines, forêts, agriculture, énergie, savoir-faire industriel : la région contribue de façon déterminante à la création de richesse collective.


Mais cette contribution s’accompagne de responsabilités et d’impacts bien réels. Transformation des paysages, gestion des résidus, pression sur les infrastructures municipales, besoins accrus en logements, défis environnementaux et énergétiques : le développement d’un territoire ressource exige des investissements publics à la hauteur.


Or, l’écart entre l’apport économique de la région et les investissements qui y sont consacrés demeure préoccupant. Une étude indépendante commandée par les préfets de la région et réalisée par Aviseo évalue ce déficit à plusieurs centaines de millions de dollars par année. Ce déséquilibre structurel se traduit par des infrastructures vieillissantes, une pénurie de logements, des contraintes énergétiques freinant de nouveaux projets et une pression accrue sur les services essentiels.


Malgré cela, l’Abitibi-Témiscamingue ne s’est jamais limitée à l’extraction. Elle a développé un modèle unique, couvrant l’ensemble du cycle minier, de l’exploration à la restauration, et exporte aujourd’hui son expertise à l’international. Elle a aussi bâti une vie culturelle dynamique, des institutions d’enseignement et de recherche, et une identité forte qui dépasse largement le simple rôle de région ressource.


Il est temps de dépasser une vision strictement extractive du développement régional. Les territoires qui contribuent de manière exceptionnelle à la prospérité du Québec doivent être reconnus comme des partenaires stratégiques à part entière.


Cela implique un véritable plan de rattrapage des investissements publics, une reconnaissance formelle du rôle stratégique de la région, des mesures structurantes en matière d’énergie, de transformation locale des ressources, de logement et d’infrastructures.


À l’approche des élections générales de 2026, il est grand temps que le régionalisme cesse d’être un slogan vide utilisé à des fins purement politiques. Il doit se traduire par des choix budgétaires, des mécanismes durables et une volonté politique claire d’assurer un développement durable des régions qui ont forgées le Québec d’aujourd’hui et qui forgeront le Québec de demain.

 


Signataires:
Pierre Dufour, député d’Abitibi-Est
Serge Allard, Maire de Val-d’Or
Martin Ferron, Maire de Malartic
Sébastien Richard, Président d’Abitibi Géophysique et président de la Chambre de commerce de Val-d’Or.
Andréa Paquin-Lessard, Directrice générale d’Attractivité Abitibi-Témiscamingue.
Sylvain Blais, Président du conseil d’administration d’Attractivité Abitibi-Témiscamingue
Randa Napky, Ancienne directrice générale de Tourisme Abitibi-Témiscamingue et consultante en gestion chez CC Consultants
Claire Bolduc, ex-préfète du Témiscamingue
Daniel Massé, Président d’Aéroport régional de Val-d’Or