Maison de naissance: Les femmes de la région ont maintenant le choix
Les femmes de l’Abitibi-Témiscamingue ont maintenant la possibilité de choisir la façon dont il préfère donner la vie grâce à la nouvelle Maison de naissance de Val-d’Or et le travail de six sages-femmes.
Le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue a inauguré la Maison de naissance des Grands pins. Les Services de sages-femmes sont ainsi offerts partout en région avec pignon sur rue, à Val-d’Or, depuis quelques semaines à peine.
Une volonté citoyenne
La présidente-directrice générale du CISSSAT, Caroline Roy, présente à l’événement était très fière de procéder à l’inauguration, après 12 ans de mobilisation citoyenne et des nombreux partenaires de l’organisation.
« La volonté citoyenne est exprimée depuis longtemps pour pouvoir bénéficier de services de sages-femmes, a-t-elle exprimée en entrevue. La majorité des régions avaient déjà une offre de services comme celle-là, donc, l’occasion était bonne pour dessiner un projet.»
Une offre régionale
Le suivi par une sage-femme est accessible pour l’ensemble de la population régionale. « Pour l’instant, nous n’avons qu’une Maison de naissance à Val-d’Or, mais on a des projets de développement pour l’ensemble des territoires de MRC.»
Actuellement, six sages-femmes sont sous contrat avec le CISSS, accompagnées de cinq aides-natales. Actuellement, une trentaine de familles sont accompagnées par l’équipes de la Maison de naissance à Val-d’Or.
Si le projet est devenu plus concret en 2021 pour le CISSS, le comité Objectif Sages-femmes Abitibi-Témiscamingue (OSFAT) y travaille avec conviction depuis 12 ans. Pour Frédérique Cornellier, membre fondatrice du groupe, l’inauguration, fait un grand bien.
Un projet de longue haleine
«C’est une journée que l’on vit avec beaucoup de fébrilité, a-t-elle lancé d’entrée de jeu. On réalise que le rêve que l’on a porté pendant 12 ans est maintenant très concret. Nous sommes dans la Maison de naissance des Grand pins. C’est une grande joie que ce service soit maintenant offert pour d’autres belles familles de la région.»
Un projet mené sur une aussi longue période amène son lot de doutes certainement. Les membres du comité ont tous eu des enfants elles-mêmes durant cette période. Elles ont dû traverser une pandémie. Le travail le plus important pour Mme Cornellier, a surtout été de faire connaître et démystifier les services de sages-femmes.

Une offre méconnue
« Dès le départ, on a eu besoin de faire rayonner la pratique sage-femme en région, a-t-elle ajouté. On sentait que c’était peut-être mal compris et méconnu par la population, mais aussi de la part des équipes médicales. Quand on a été confronté à ça, on trouvait ça un peu plus difficile. La force du groupe nous a permis de ne pas lâcher.»
Pour Mme Cornellier, la plus grande satisfaction est que les femmes de la région ont maintenant le choix. « Elles peuvent choisir entre une sage-femme ou un médecin, choisir entre l’hôpital ou la Maison de naissances, a-t-elle expliqué. Maintenant, on a le choix comme partout ailleurs au Québec.»

Mme Cornellier a conclu sa prise de parole en faisant un parallèle entre les maisons de soins palliatifs comme la Source-Gabriel. Si les gens y retrouvent sérénité et confort, les femmes qui choisissent les maisons de naissance le font pour les mêmes raisons. « L’expérience profondément transformatrice d’une grossesse exige que l’accouchement se fasse dans un espace le plus sécurisant possible. L’offre de trois choix de lieu de naissance (Hôpital, Maison de naissance, chez-soi) est donc non-négociable pour nous.»

Kalina Rinolf a été la première femme à pouvoir accoucher à la Maison de naissance des Grands Pins. La jeune maman a souligné le travail professionnel et passionné de l’équipe en place ainsi que l’environnement serein de la nouvelle Maison de naissance. « Votre dévouement et la détermination dont vous faites preuve est remarquable, a-t-elle souligné avec une émotion palpable. Merci de rappeler aux femmes à quel point nous sommes fortes, que notre corps est majestueux et qu’il est fait pour donner la vie.»