Mercredi, 4 mars 2026

Hausse du baril de pétrole : Les agriculteurs sonnent l’alarme

Publié:
Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Pascal Rheault, président UPA en Abitibi-Témiscamingue.
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Les producteurs agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue craignent les impacts de la hausse du baril de pétrole. L’Union des producteurs agricoles souhaite que les sommes liées à la bourse du carbone et payées par les agriculteurs puissent être réinvesties pour les soutenir.

Mardi, le baril de pétrole Brent a atteint 85$ US et certains observateurs pensent que l’atteinte du 100$ US est possible. Outre les automobilistes, les agriculteurs seraient impactés alors que, comme le rappelle l’UPA, il n’y a pas d’alternative au combustible fossile. Le diesel et le propane demeurent des intrants essentiels pour eux. 

Dans un communiqué, l’UPA de l’Abitibi-Témiscamingue rappelle que les agriculteurs ont déjà été impactés en raison de la hausse des taux d’intérêt et l’inflation des dernières années, depuis la guerre en Ukraine notamment. La guerre en Iran risque d’amener une autre importante augmentation des coûts de production et ce, à l’aube de la période des semis.

«Les producteurs agricoles doivent composer avec des marchés mondiaux et des marges déjà très serrées, a rappelé le président de la fédération régionale, Pascal Rheault. Le revenu net des producteurs et productrices a beaucoup chuté depuis 2023. Une nouvelle flambée des prix de l’énergie pourrait rapidement se traduire par une pression financière supplémentaire pour plusieurs entreprises agricoles.»

 

Abolir la bourse du carbone ?

Ainsi, le milieu agricole espère de l’aide du gouvernement québécois pour passer à travers cette nouvelle épreuve. L’UPA demande que les sommes payées pour la bourse du carbone soient retournées intégralement aux producteurs. On évalue le montant payé à près de 550 M$ depuis 2015, principalement par l’entremise du diesel et du propane utilisés dans leurs opérations. 

« Idéalement, la bourse du carbone serait abolie, mais à défaut de son abolition, nous demandons que les sommes que les producteurs et productrices doivent payer dans ce programme, leurs soient retourner sous forme de différents programmes », a demandé Pascal Rheault.

Dans une entrevue à La Presse, le directeur générale de l’UPA, Charles-Félix Ross a rappelé que le Québec est la seule province où les agriculteurs paient la taxe carbone.  «  [Avec un allègement fiscal] … Au moins, ça ne serait pas deux coûts supplémentaires [avec le conflit en Iran], on serait touchés de la même façon que nos compétiteurs en Ontario », a-t-il souhaité.

Les agriculteurs demandent aussi que le Centre d’étude sur les coûts de production en agriculture (CECPA) actualise les coûts de productions utilisées dans les programmes de sécurité du revenu comme l’Assurance stabilisation du revenu agricole. (ASRA) « Si les programmes de sécurité du revenu ne tiennent pas compte des coûts réels que vivent les producteurs et productrices, ils ne jouent plus pleinement leur rôle de stabilisation du revenu », a précisé, M. Rheault.