Vendredi, 20 mars 2026

La pharmacie Proximed passe le flambeau à la relève à Amos

Publié:
Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Philippe Trépanier est déjà propriétaire de la pharmacie ProximED à Amos depuis février. Photo : Mathieu Proulx
Partager cet article

Philippe Trépanier, 23 ans, reprend les rênes de la Pharmacie Trépanier, bien établie à Amos depuis plusieurs années. La transition se fera en douceur, sa mère, Sylvie Laliberté, continuant de l’accompagner pour les années à venir afin de maintenir les services et développer de nouvelles opportunités en pharmacie.

Philippe Trépanier est né et a grandi en Abitibi-Témiscamingue. Ayant toujours baigné dans l’univers de la pharmacie, il a entrepris des études universitaires dans ce domaine, bien qu’il n’ait pas fait ce choix immédiatement.

« Bien que j’aie vu mes parents travailler toute ma jeunesse, quand je suis arrivé au Cégep, je ne savais pas du tout ce que j’allais faire de ma vie, a-t-il raconté en entrevue. Je me suis dit que j’allais faire quelque chose de différent de mes parents. » Il avait envisagé le génie ou même la médecine vétérinaire. « …Mais finalement, au moment de devoir choisir, j’ai opté pour la pharmacie. » De son propre aveu, cela restera la meilleure décision de sa vie.

Avant ses études, depuis le secondaire, Philippe a touché à tous les postes possibles au Proximed d’Amos : faire le ménage, s’occuper de la caisse, gérer l’entrepôt et travailler comme technicien. « Aujourd’hui, j’en profite beaucoup, car je connais pratiquement tous les postes ici, a-t-il affirmé. En devenant propriétaire, je comprends mieux la réalité de mes employés, ce qui facilite leur accompagnement. »

 

Désir d’entrepreneuriat
L’option de devenir pharmacien conciliant deux de ses passions : l’entrepreneuriat et le domaine médical. « Mon objectif était vraiment de devenir pharmacien-propriétaire, a-t-il précisé. Je considérais que je pourrais plus facilement mettre des projets en place et avoir un impact plus important en bénéficiant de cette liberté. »

 

Passation des pouvoirs
Pour assurer une transition en douceur, sa mère et co-propriétaire, Sylvie Laliberté, demeure en poste. Elle conserve le volet gestion et laisse à son fils l’ensemble des responsabilités cliniques. « J’ai beaucoup à apprendre de ma mère, mais elle est un excellent mentor à ce niveau, a-t-il mentionné. Elle restera un bon moment, car elle affectionne sa clientèle et la pharmacie. »

 

Nouveaux défis technologiques
De nombreux défis attendent le nouveau pharmacien-propriétaire. Sur le plan technologique, la pharmacie a adopté un nouveau logiciel de traitement des prescriptions. « Nous avons effectué le changement en décembre, et maintenant il faut migrer vers ce système et apprendre à l’utiliser », a-t-il expliqué.

La pharmacie Proximed dispose également depuis mars 2026 d’un nouveau robot préparateur pour soutenir l’équipe de production. « Quand on entre la prescription, le robot la prend et prépare le contenant ; il ne reste qu’à mettre le bouchon », a-t-il illustré.

 

Le recrutement demeure un défi
Côté ressources humaines, le Proximed d’Amos peut se réjouir de compter sur une équipe stable et expérimentée. Les nouveaux diplômés étant rares, la pénurie de main-d’œuvre est réelle, surtout en région. « On travaille fort pour trouver des pharmaciens et les attirer ici », a-t-il précisé.

Pour Philippe, la profession de pharmacien est très motivante. Bien que souvent méconnue, elle permet de faire une réelle différence auprès des patients. « On peut vraiment prendre en charge les patients de manière globale et, pour ce qu’on ne peut pas traiter, on peut facilement les orienter vers les bonnes personnes », a-t-il partagé.

 

Loi 67
La nouvelle loi 67 élargit considérablement le champ de pratique des pharmaciens. Bien que les négociations tardent, les nouvelles autorisations de pratique devraient arriver sous peu.

« Il y a encore de l’incertitude quant aux nouvelles autorisations, a-t-il affirmé. La négociation se poursuit avec le gouvernement. » Philippe Trépanier souligne que la formation sera essentielle pour répondre à ces nouvelles dispositions. « Nous devrons nous former, il sera sans doute possible d’élargir la pratique infirmière en pharmacie, et de nombreuses mesures devront être mises en place. »

Cette loi permettra notamment d’accélérer certains services sans attendre systématiquement l’autorisation d’un médecin. « Par exemple, pour une infection cutanée, nous savons souvent ce que le patient a, mais il faut courir après le médecin pour le traiter, a-t-il expliqué. Cela permettra de décharger les médecins pour qu’ils se concentrent sur des cas plus urgents et spécifiques. »

Le jeune pharmacien fait de son rôle clinique sa priorité. Il entend rester à jour et compétent afin d’offrir le plus large éventail de services possible à sa clientèle.