Nathaniel Frigon pourrait faire face à cinq ans de prison en plus d’une interdiction de conduire, entre trois et cinq ans, pour avoir causé la mort de deux personnes en plus d’en blesser une troisième le 9 septembre 2023 à Amos. Le juge Jean-Pierre Gervais rendra sa décision plus tard ce printemps.
En octobre dernier, Nathaniel Frigon a plaidé coupable à une série de chefs d’accusation de conduite dangereuse ayant causé la mort, délit de fuite et d’autres accusations en matière de possession de stupéfiants.
La Procureure de la Couronne Me Andrée-Anne Gagnon, a proposé une peine d’emprisonnement de cinq ans dont quatre ans pour la conduite dangereuse ayant causé la mort et 12 mois supplémentaires pour les accusations en matière de stupéfiants.
Elle a appuyé sa plaidoirie d’une multitude de dossiers de jurisprudence et mis le dossier de conduite peu reluisant de l’accusée de l’avant pour expliquer sa proposition.
Pour sa part, l’avocate de la défense, Me Clara Daviault a proposé une peine beaucoup plus clémente d’un an de détention en plus d’une probation de trois ans et d’une interdiction de conduire pendant trois ans. Elle s'appuie sur un rapport pré-sentenciel positif pour l'accusé.
«Cette peine est pour nous clémente, mais appropriée, a-t-elle déclaré devant le juge Jean-Pierre Gervais. Elle nous permet d’avoir la main mise sur l’accusé qui devra rendre des comptes durant sa probation.» Me Daviault a axé sa plaidoirie sur les signes encourageants de réhabilitation de l’accusé. Selon plusieurs documents, Frigon a changé de mode de vie et d’entourage. Toujours selon Me Daviault, l’immaturité, l’impulsivité et la témérité sont désormais choses du passé pour son client
Le juge Jean-Pierre Gervais a remis le dossier pour la forme au 8 avril prochain où une date pour la sentence pourra être déterminée. «Aujourd’hui, on a pu voir qu’on se retrouve dans une zone qui laisse place à une multitude de critères pour déterminer la peine, a-t-il déclaré à la fin de la journée. Il n’y a pas de formule mathématique pour déterminer la peine appropriée. Il s’agit d’un processus individualisé.»
Les événements concernés remontent à septembre 2023 lorsque Nathaniel Frigon a perdu la maitrise de son véhicule à 120 km/h causant la mort de deux personnes. Il a alors pris la fuite dans la forêt laissant derrière lui les morts et une personne blessée. Des quantités importantes de stupéfiants ont été retrouvées dans le coffre de la voiture.
Des témoignages très émotifs
Après avoir reconnu de nouveau tous les faits dont il est accusé, Nathaniel Frigon a assisté à une série de témoignages bouleversants de sept victimes, des membres des familles impactés par le jeune chauffard.
Tammy Maranda est la mère d’Amyrah, l’une des deux victimes décédées. Elle a livré un témoignage bouleversant, en anglais. Celle qui vit à l’extérieur de la région a témoigné sa peine via visio conférence. Les sœurs d’Amyrah assistaient également à la comparution.
«Amyrah était ma première fille, a-t-elle partagé. Elle m’a appris à être une mère et m’a tout appris dans la vie.» La mère a évidemment dit avoir été bouleversée d’apprendre le décès de sa fille. Depuis, elle dit souffrir d’insomnie, avoir dû déménager de la région et vit une détresse importante.
Les parents de Mario Lessard ont également témoigné de la douleur qui les habite depuis l’accident. Son père a notamment mentionné avoir dû vivre une rupture avec sa famille élargie en plus de souffrir lui aussi d’insomnie et d’une baisse d’énergie importante.
Survivante de l’accident, Joanie Doiron, a partagé les effets négatifs de cet événement sur elle. Dépression, flashback et cauchemars font parties de sa vie désormais. Elle vit un choc post-traumatique important.
Me Daviault a quant elle lu des lettres signées par l’accusé et adressées aux familles des victimes. Présentant d’abord toutes ses excuses, il dit regretté les gestes posés. Selon ses écrits, Mario Lessard était « comme un frère » pour lui et il aimait beaucoup Amyrah