Jeudi, 23 avril 2026

Abus sexuels sur une mineure : Dave Bourque fera face à la prison

Publié:
Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
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Le valdorien, Dave Bourque, a plaidé coupable à une série de chefs d’accusation à caractère sexuel sur une personne mineure au Palais de justice d’Amos le 21 avril. L’homme de 48 ans pourrait faire face à une peine de quatre ans de prison. 

L’accusé a reconnu sa culpabilité sur divers chefs d’accusation : leurre informatique, possession de pornographie juvénile et agression sexuelle sur une victime de 17 ans.

Afin de protéger l’identité de la victime alléguée, il nous est interdit de dévoiler toutes informations qui pourrait l’identifier directement ou indirectement. Les événements se sont déroulés entre octobre 2020 et janvier 2021. Des échanges de textos ont dégénérés jusqu’à des relations sexuelles complètes.

La victime, qui était une personne mineure à l’époque, a pris parole avec beaucoup de courage devant le juge Jean-Pierre Gervais au Palais de justice d’Amos. Elle a témoigné des conséquences importantes sur elle tant au niveau physique que psychologique.

« Après les événements, mon corps m’a envoyé des signaux importants témoignant d’une fatigue extrême, a-t-elle partagé avec la voix tremblotante. J’ai fait beaucoup d’anxiété et enchaîné des épisodes de crise de panique.»

 

La prison inévitable

La Procureure de la Couronne, Me Andrée-Anne Gagnon, a proposé une peine d’emprisonnement ferme de quatre ans. Elle a cité plusieurs facteurs aggravants dont le fait que la victime était mineure au moment des faits. «Il est important de donner une peine exemplaire qui a des effets de dénonciation et de dissuasion», a-t-elle exprimé lors des représentations sur la sentence.

L’avocat de la Défense, Me Nicholas St-Jacques, a plutôt souhaité une peine permettant la réhabilitation. Il a demandé une peine de 21 mois de détention en plus d’une période de probation après la détention.  Me St-Jacques appuie sa proposition du fait qu’aujourd’hui sont client a repris sa vie en main.  Il a effectué des thérapies fermées pour ses problèmes de consommations et poursuit le suivi psychiatrique. 

Le juge Jean-Pierre Gervais rendra sa décision à une date ultérieure.

 

Soutenir la victime

En plus des membres de sa famille, une délégation du CALACS-Abitibi était également présente au Palais de justice pour soutenir la victime dans ce processus éprouvant. «C’est super important de soutenir les victimes de violences sexuelles et de lancer un message clair à la population et de démontrer que des situations comme ça sont inacceptables et se perpétuent encore aujourd’hui en 2026», a déclaré Andréanne Brouard.

Dans le dossier d’aujourd’hui, Mme Brouard a souligné que les motivations de la victime était sa crainte de voir l’agresseur faire d’autres victimes. « Il s’agit d’un moteur important pour la dénonciation, mais ça met beaucoup de poids sur les épaules des victimes. On invite donc la population à les croire, les soutenir et les accompagner.»  

 

Des gestes qui laissent des traces

Le témoignage de la victime a mis en lumière l’étendue des conséquences des violence sexuelles. 

«Les conséquences des violences sexuelles chez les adolescentes et les femmes sont nombreuses, a poursuivi Mme Brouard. Chez les personnes mineures, on constate des conséquences directes sur leur développement. Elles vivront beaucoup de honte, de peur de culpabilité… Les victimes vivront des épisodes de flashbacks, de cauchemars.» Les victimes doivent vivre également avec des conséquences importantes sur leur vie professionnelle, leur travail et sur leur sexualité.

Le dossier de Dave Bourque avance dans le système judiciaire depuis près de cinq ans. Toujours selon Mme Brouard, les délais ont aussi des conséquences importantes. «Les délais sont difficiles à vivre, a-t-elle poursuivi. Les victimes doivent constamment se replonger dans leur histoire et donc le temps où la victime reste plongée dans ses émotions s’allonge.»