Explosion de l'itinérance : Le PQ veut s'attaquer au problème sérieusement
Le nombre de personne en situation d’itinérance a doublé de 2022 à 2025 selon le dernier dénombrement effectué pendant l’hiver 2025. Cette crise inquiète le député des Iles-de-la-Madeleine et porte-parole en matière de Services sociaux, Joël Arseneau qui souhaite agir prioritairement sur le logement pour endiguer le phénomène.
Au Québec, l’itinérance a augmenté de 20% et l’augmentation est de 119% pour l’Abitibi-Témiscamingue, positionnant la région au 2e rang des pires régions après Montréal.
Selon les données de Québec, 308 personnes en situation d’itinérance visible ont été dénombrées en 2025 . Au Québec, 12 077 personnes seraient en situation d’itinérance visible.
Le PQ veut s’attaquer au problème
« C’est une crise sociale sans précédent qui demande des actions concrètes et de grande ampleur, a lancé Joël Arseneault . On ne peut pas laisser la situation se dégrader ainsi. On doit renverser la tendance et, pour faire ceci, il faut agir en amont, en prévention, si on veut freiner l’augmentation », explique Joël Arseneau.
Pour y arriver, le PQ propose une approche sur plusieurs axes dont le logement, un soutien communautaire renforcé, des services sociaux adaptés aux réalités des personnes itinérantes et limitation de la judiciarisation dans la mesure du possible.
« Il faut agir sur le logement, qui est le facteur premier du phénomène, a-t-il poursuivi. Nous proposons de nous inspirer de la politique Ensemble pour éviter la rue et en sortir, adoptée par Véronique Hivon en 2014, ainsi que des programmes réalisés à Houston et en Finlande qui ont réussi à diminuer drastiquement la prévalence de l’itinérance. Le Parti Québécois s’engage à mettre en œuvre des modèles innovants pour les logements hors marché avec accompagnement communautaire, en partenariat avec les organismes du milieu », a évoqué le député.
Les municipalités souhaitent des actions concrètes
Pour sa part, l’Union des municipalité du Québec (UMQ) salue les investissements effectués dans les dernières années, mais est forcée de constater que les résultats ne parviennent pas à contrer la tendance.
«Alors que le gouvernement du Québec affirme n'avoir jamais autant investi, nous sommes face à un constat d'échec, car la situation continue de se dégrader, a déclaré le président de l’UMQ’ Guillaume Tremblay. Derrière ces chiffres alarmants, il y a des femmes et des hommes, des vies brisées et des réalités de plus en plus complexes. Ce que nous vivons dépasse le cadre d'une crise ordinaire : c'est une crise sociale et humanitaire. On ne peut plus se contenter de demi-mesures. Il faut en faire plus, il faut faire vite et il faut faire mieux. »
Le CISSS demeure préoccupé
Plus tôt ce mois-ci, le CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue a fait le point sur la situation. « En Abitibi-Témiscamingue, sur les 308 personnes dénombrées, 26 ont passé la nuit à l’extérieur, ce qui confirme que, comme ailleurs au Québec, l’accès aux ressources demeure un levier central dans les réponses mises en place, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les actions en prévention et pour rejoindre les personnes les plus vulnérables», a expliqué le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue.
Pour sa part, le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue assure poursuivre le travail pour répondre aux besoins des personnes itinérantes. Des tables de concertation sont organisées, des actions sont réalisées pour sensibiliser la population et les commerçants, des activités d’animation sont organisées et on veille à la sécurité et à la salubrité des espaces publics.
«Le CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue de même que l’ensemble des partenaires demeurent pleinement mobilisés afin de maintenir et de développer des services qui répondent aux besoins des personnes en situation d’itinérance, a assuré pour sa part, la Présidente-directrice générale du CISSSAT, Caroline Roy. Les actions concertées s’inscrivent aussi dans un objectif d’une cohabitation harmonieuse au sein des communautés ».