Le Comité de vigie de l’école Natagan garde le cap pour le maintien de services éducatifs complets à Barraute, mais déplore un certain manque d’ouverture de la direction du Centre de services scolaire Harricana.
Des solutions pour retenir les élèves
Dans un communiqué, le comité propose trois actions concrètes afin d’empêcher le transfert des élèves de 4e et 5e secondaire vers Amos.
D’abord, il suggère la mise en place d’activités sportives structurantes sur l’heure du dîner, comme le hockey et le volleyball. Il souhaite également créer une concentration sportive en ski alpin en collaboration avec la Corporation du Mont-Vidéo, avec l’objectif assumé d’attirer une nouvelle clientèle à Natagan.
Ces deux propositions permettraient de répondre à un besoin exprimé par des élèves de 6e année du primaire qui souhaitent s’inscrire dans une concentration artistique ou sportive dès leur entrée au secondaire. Le bassin d’élèves diminue considérablement à partir du secondaire 1, puis se stabilise par la suite.
« Les jeunes pourront jouer au hockey sur l’heure du midi et pratiquer le volleyball », a expliqué Mme Grenier.
Le modèle multi-degrés proposé
Finalement, le comité propose un modèle de classes multi-degrés pour les secondaires 4 et 5, inspiré d’établissements ailleurs au Québec.
Un dialogue jugé difficile avec le CSSH
Les propositions ont été présentées à l’équipe de direction du Centre de services scolaire Harricana (CSSH), mais le comité se dit inquiet de la réponse obtenue.
« Ils posent beaucoup de questions, mais au fond, on sent qu’ils tentent surtout de discréditer chacune des propositions », a mentionné Jeanne Grenier, membre du comité de vigie en entrevue. « On sent qu’ils cherchent toujours une façon de dire que ce qu’on propose n’a pas de bon sens. »
Le comité souhaite davantage de collaboration de la part du CSSH pour permettre la concrétisation des idées proposées.
« Le sentiment est réellement que la décision est déjà prise et que les secondaires 4 et 5 seront transférés à Amos dès septembre », a-t-elle déploré.
Une perte de pouvoir décisionnel, selon le comité
Selon Mme Grenier, qui a été commissaire scolaire pendant plus de 15 ans, la situation illustre une perte de contrôle décisionnel depuis la transition des commissions scolaires vers les centres de services scolaires. « À l’époque, assise à la table des commissaires, ils auraient eu beaucoup de difficulté à faire passer un tel projet. Je me serais battue, mais le fonctionnement est maintenant très différent. »
Elle souligne par ailleurs que le travail du comité repose sur des recherches et des échanges avec des écoles ayant déjà implanté des classes multi-degrés. « La proposition vient notamment d’une enseignante de Natagan. On nous répond que cela surmènerait les enseignants, alors que c’est une idée qui émane du terrain », a-t-elle ajouté.
Une décision attendue en mai
Le Centre de services scolaire Harricana a prolongé la période de consultation concernant le projet de restructuration des écoles Notre-Dame-du-Sacré-Cœur et Natagan, à Barraute. Le conseil d’administration doit rendre sa décision le 4 mai, à l’Agora du pavillon La Forêt de l’école secondaire d’Amos. Les citoyens et les organisations ont jusqu’au 15 avril pour transmettre leurs observations par courriel.
« Disons que nous sommes très inquiets de ne pas savoir comment la direction présentera nos propositions au conseil d’administration », a ajouté Mme Grenier. « J’ai moi-même écrit aux administrateurs pour plaider notre dossier et nous pouvons compter sur un représentant de notre secteur. »
Le CSSH se veut rassurant
De son côté, le Centre de services scolaire Harricana a réagi par communiqué. Il réitère son engagement envers la communauté de Barraute, tout en affirmant être ouvert à poursuivre le dialogue.
« Le CSSH souligne d’abord le travail sérieux accompli par le comité de vigie ainsi que par les parents, enseignants et partenaires impliqués. Cette mobilisation témoigne d’un attachement profond à l’école et à la vitalité du milieu », peut-on lire.
Le CSSH rappelle qu’aucune décision n’a encore été prise.
« Nous comprenons que certains citoyens aient pu se sentir insuffisamment entendus lors des échanges récents, a déclaré la directrice générale, Nancy Létourneau. Ce n’était ni notre intention ni notre posture. Toutes les propositions sont documentées, analysées et transmises au conseil d’administration. »
Mme Létourneau ajoute que, par souci de transparence, l’ensemble de la documentation fournie par la population sera remis au conseil.