28M$ pour l'itinérance dans les grands centres : Serge Allard n'en revient pas
Le maire de Val-d’Or, Serge Allard, n’en revient carrément pas de l’annonce de 28M$ destinés exclusivement aux régions de Montréal, Québec et l’Outaouais le 8 mai dernier. Pour lui, il est clair que le gouvernement actuel n’a plus aucune écoute des régions.
La Ville de Val-d’Or venait tout juste d’annoncer un plan d’actions pour assurer la sécurité de son centre-ville et encadrer les méfaits reliés à l’itinérance deux jours avant l’annonce gouvernementale par la Première ministre, Christine Fréchette. La nouvelle a été reçue comme une véritable gifle au visage par le maire Allard.
«La réalité c’est que les régions n’ont aucune écoute du gouvernement provincial, a-t-il lancé avec amertume. Le dénombrement sur l’itinérance a prouvé que notre situation était pire qu’à bien des endroits, sauf à Montréal. On est deuxième au palmarès et ils ne nous incluent même pas dans leur programme. Ça n’a aucun bon sens!»
Par voie de communiqué, le maire de Val-d’Or a souligné, qu’à Val-d’Or, on constate de plus en plus l’ampleur des besoins sur le terrain. «Malgré cela, les investissements majeurs continuent d’être concentrés dans les grands centres. Nos organismes, nos intervenants et notre communauté méritent eux aussi des solutions concrètes et des investissements à la hauteur des besoins», a affirmé M. Allard.
Le maire invite donc le gouvernement reconnaître l’ampleur de l’itinérance en région. À l’aube du Congrès de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), il espère que l’instance puisse également mieux porter les préoccupations des communautés éloignées.
Conseil des régions ou opération partisane
Si le gouvernement a tenté d’opérer un virage avec le Conseil des régions, M. Allard n’a d’autres choix de constater qu’il ne s’agit que d’une « bebitte politique ». « C’est pour faire semblant qu’on s’occupe des régions, a-t-il ajouté. Je n’y crois pas!»
La députée de Chicoutimi et porte-parole du Parti Québécois en matière des régions a d’ailleurs effectué une sortie agressive la semaine dernière concernant le conseil des région le qualifiant de « table des enfants.»
«Les régions sont plus loin que jamais du conseil des ministres. Seuls Montréal et Québec ont assez de considération pour avoir droit de se défendre directement, a plaidé Marie-Karlynn Laflamme. Pour les autres, la première ministre a créé une table des enfants en marge de la table des adultes. Plutôt qu’être au conseil des ministres, les régions vont se battre entre elles pour l’attention du ministre délégué des Régions, qui rapportera à huis clos le pouls de 17 régions. Je m’excuse, mais nos régions c’est 17 réalités, 17 économies, 17 identités différentes.»
Pour sa part, M. Allard a avoué être près de lancer la serviette avec le gouvernement en place. «Particulièrement en Abitibi-Est, depuis que Pierre (Dufour) a claqué la porte, on sent carrément qu’on se fait boycotter.»
Il espère que la campagne électorale à venir permettra d’obtenir des engagements fermes sur les besoins du territoire et non pas seulement de belles paroles.