Mardi, 5 mai 2026

Les élèves de 4e et 5e secondaire de Barraute étudieront à Amos cet automne

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Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Les élèves de 4e et 5e secondaire devront éudier à Amos dès l'automne prochain. LEs administrateurs du Centre de services scolaire en ont décidé ainsi pour assurer la qualité des services éducatifs donnés. La déception était palpable et les frustrations bien réelles suite au vote du conseil d'administration. Photo : Mathieu Proulx
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Le conseil d’administration du Centre de services scolaire Harricana (CSSH) a voté à la majorité en faveur du projet de réorganisation de l’école secondaire Natagan de Barraute, semant ainsi colère, déception et tristesse parmi les quelque 200 personnes réunies à l’Agora de la polyvalente La Forêt le soir du 4 mai.

Après l'ouverture de la séance, sept représentants de la communauté barrautoise sont venus rappeler les enjeux et préoccupations liés au transfert des élèves de secondaire 4 et 5 vers Amos. Dominique Massicotte, de la firme LEBLEU, a ensuite fait état du rapport de la consultation publique des dernières semaines. La directrice générale, Nancy Marcotte, a quant à elle rappelé les enjeux ayant mené à cette proposition au conseil d’administration.

Les commissaires ont par la suite délibéré durant une vingtaine de minutes. Certains ont soulevé des craintes de voir les projets menés par les citoyens tomber à plat si la réorganisation allait de l’avant. D’autres ont rappelé la précarité de ces projets et la difficulté d’offrir des services adéquats aux élèves du Centre de services scolaire Harricana avec le statu quo, notamment en raison de la pénurie d’enseignants.

Après discussion, un vote secret a été demandé. Les administrateurs ont dû se prononcer pour ou contre le scénario de réorganisation de l’école Natagan, incluant le transfert des élèves de 4e et 5e secondaire vers Amos, ainsi que celui des élèves de 5e et 6e année de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur vers Natagan.

 

« Pérenniser les services éducatifs »
La directrice générale du CSSH, Nancy Létourneau, a dû faire face à la colère de citoyens et de parents. Certains l’ont confrontée directement, l’accusant d’avoir participé à la dévitalisation de l’école Natagan depuis son passage à la direction de l’établissement.

« Déjà, la semaine dernière, j’ai rencontré quelques personnes de la communauté afin de rebâtir des ponts, peu importe la décision qui allait être prise ce soir, a-t-elle relaté en entrevue. Maintenant, nous allons rencontrer les élèves et l’équipe-école. Nous allons organiser des visites de la nouvelle école, échanger sur les choix de cours et voir ce que cela implique ainsi que les bénéfices du transfert vers Amos. »

Pour Mme Létourneau, le conseil d’administration a pris une décision difficile. « Il fallait choisir entre le court terme et les années à venir. C’est ce que notre organisation fait : s’assurer que les services soient pérennes. »

 

Vive déception chez les élèves
La présidente du conseil étudiant de l’école secondaire Natagan, Zoé Demers, a été submergée par l’émotion après la décision rendue par les administrateurs. « C’est un vent de grande tristesse, a-t-elle lâché avec déception. Nous avons travaillé fort pour présenter notre discours ce soir. Je comprends les élèves qui s’inquiètent du transfert. J’ai moi-même vécu ce changement avant de revenir à Barraute par la suite. »

Mme Demers a présenté les craintes de ses collègues avec aplomb quelques minutes auparavant. Le transport scolaire demeure l’inquiétude la plus forte. «Partir de la maison à 7h et revenir à 17h45 empêchera les élèves de participer aux activités parascolaires, a-t-elle souligné. Personnellement, j’ai fait le choix de faire mes sciences fortes à Barraute et je ne regrette rien.» 

 

Citoyens en colère
La citoyenne de Barraute, Jeanne Grenier était également très déçue de la décision du CSSH. « La façon de procéder n’a pas été juste envers les citoyens de Barraute, a-t-elle déploré. Ce soir, c’est la première fois que nous pouvions nous adresser au conseil d’administration. Nous avons eu sept périodes de parole de cinq minutes, alors que la directrice générale a parlé pendant près d’une heure. Nous aurions pu répondre aux questions des administrateurs, mais nous n’en avions plus le droit. »

En réaction à la décision du conseil d’administration, Mme Grenier a évoqué la possibilité que des parents se mobilisent pour transférer leurs enfants à l’école La Concorde de Senneterre.

 

Les concentrations sportives demeurent une priorité
Le directeur des écoles Natagan et Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, Kevin Lacoursière, s’est voulu rassurant quant aux projets de concentrations sportives actuellement en place. Selon lui, que le transfert ait lieu ou non, les concentrations en hockey, en volleyball et en ski alpin pourront et devront aller de l’avant.

La directrice générale du CSSH s’est également montrée positive à ce sujet. « C’est le message que j’ai transmis à la direction, aux enseignants et aux membres de la communauté. Je souhaite qu’il y ait une rétention des élèves à Barraute, a-t-elle affirmé. Nous mettons des projets en place et nous nous assurons que les élèves qui sont à Barraute soient heureux d’y être. »

Cette volonté n’a toutefois pas permis au CSSH de modifier sa décision. « La qualité des activités sportives n’aurait pas permis d’améliorer les services aux élèves, a-t-elle précisé. Nous souhaitons tout de même que ces projets soient mis en place dès l’an prochain et pour les années à venir. »

Toujours selon Mme Létourneau, un éventuel retour des élèves de 4e et 5e secondaire à Barraute dépendrait de la capacité du CSSH à offrir des services adéquats. « Plusieurs ont posé la question, et oui, c’est possible si c’est structurant, si les services sont de qualité et s’ils sont accessibles à tous les élèves. »

De son côté, Jeanne Grenier estime plutôt que cette décision complexifie la mise en place du projet de concentrations sportives. « Nous souhaitions attirer des jeunes de Val-d’Or, Senneterre et Amos vers Barraute, mais on se demande bien quels parents voudront y inscrire leur enfant s’il doit être transféré ailleurs après le secondaire 3. »