Ma place au travail émet ses conditions pour faire des services de garde un projet de société
Le mouvement citoyen Ma Place au travail souhaite que le réseau des services de garde à l’enfance devienne un véritable projet de société à l’approche des prochaines élections québécoises. Pour Marjorie Peyric, tous les enfants devraient avoir accès à une place subventionnée et abordable.
L’organisation citoyenne Ma Place au travail, qui milite pour un meilleur accès aux services de garde pour enfants, a dévoilé un livre blanc regroupant neuf recommandations « pour bâtir un réseau de services de garde éducatifs à l’enfance accessible, équitable, inclusif et répondant aux besoins des familles ».
Plus de 900 enfants en attente
La publication survient alors que la crise des places en services de garde est toujours d’actualité. Selon les chiffres, 30 000 enfants sont toujours en attente d’une place au Québec. En Abitibi-Témiscamingue, malgré plusieurs annonces de nouveaux CPE notamment, le nombre augmente également, étant passé de 877 en octobre 2022 à 966 au 31 mai 2025.
Pour la coordonnatrice aux communications et projets spéciaux de Ma Place au travail, Marjorie Peyric, la publication arrive à un moment important pour l’organisation.
Consultation citoyenne
« Nous avons célébré cette année nos cinq ans, a-t-elle mentionné en entrevue avec MédiAT. C’était aussi la fin des mesures du grand chantier du gouvernement pour le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance et une année électorale. Il était donc important pour nous d’émettre des recommandations. »
Pour y arriver, Mme Peyric explique qu’une vaste consultation citoyenne a été menée dans les derniers mois afin d’en arriver à neuf recommandations.
Encore des obstacles
Ma Place au travail reconnaît les efforts qui ont été faits par le gouvernement pour accélérer la construction de nouvelles installations et la transformation de garderies non subventionnées en garderies subventionnées, par exemple. Mais, pour le mouvement, force est de constater que le travail n’est pas terminé.
« Sur le terrain, à l’échelle du Québec, on voit des listes d’attente très longues, a-t-elle souligné. Malgré la création de places, la liste d’attente n’a pas disparu. Il y a donc quelque chose qui ne fonctionne pas, un peu comme un seau troué : des places sont créées, mais elles doivent aussi être accessibles. »
Même si les places sont construites, il n’y a pas toujours assez d’éducatrices et d’éducateurs pour qu’elles puissent être occupées concrètement. Toutefois, la pénurie ne peut pas expliquer à elle seule l’entièreté du problème.
Mieux informer les parents
Parmi les recommandations, le livre blanc rappelle l’importance de renforcer les stratégies d’information destinées aux parents sur le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance (SGEE).
« Pendant la consultation citoyenne, on s’est rendu compte que les parents ne connaissaient pas bien le réseau, a expliqué Mme Peyric. Ils sont un peu perdus dans tout ça. Juste s’y retrouver entre les milieux familiaux reconnus, non reconnus, subventionnés, les CPE et les garderies privées, c’est déjà complexe. Les démarches pour s’y retrouver, même avec le nouveau guichet d’accès, ne sont pas si simples, notamment pour les nouveaux arrivants, les familles à faible revenu ou celles ayant un niveau de littératie moins élevé, par exemple. »
La coordonnatrice souhaite ainsi que des mécanismes soient mis en place afin d’automatiser davantage le processus. « Dès qu’une femme tombe enceinte, il faut qu’elle reçoive l’information et qu’elle puisse bien la comprendre », a-t-elle demandé.
Plus de flexibilité
Ma Place au travail souhaite également assurer une transition cohérente entre la fin des prestations du RQAP et l’accès aux services de garde.
« Le RQAP est plutôt rigide, a-t-elle poursuivi. On tombe enceinte, on accouche et, un an plus tard, on reprend le travail. Par contre, ça ne tombe pas nécessairement en septembre, quand les places se libèrent. Il faut donner un peu plus de flexibilité à ce niveau-là. »
Le mouvement n’est pas contre les garderies privées, mais estime que tous les enfants devraient avoir accès à une place subventionnée.
« Ensuite, une famille peut faire le choix du privé, mais, par souci d’équité, tous les enfants devraient avoir accès au réseau public. Le gouvernement promettait de convertir le réseau, mais nous n’y sommes pas encore. »
En Abitibi-Témiscamingue, on comptait environ 250 places en garderies privées et, depuis 2025, on n’en compte plus aucune. La conversion est donc complétée dans la région, mais la tâche demeure importante dans les grands centres.