Remboursement du carbone aux agriculteurs : L’UPA régionale satisfaite du soutien de Québec
L’UPA de l’Abitibi-Témiscamingue a accueilli positivement l’annonce de la Première ministre, Christine Fréchette, de rembourser de la tarification du carbone. Il s’agissait d’un engagement qu’elle avait pris pendant sa campagne à la chefferie de la CAQ.
« À l’heure où l’autonomie et l’inflation alimentaire sont des préoccupations importantes chez les citoyens, il devient encore plus essentiel de permettre aux producteurs et productrices de la région d’évoluer dans un environnement favorable à leur réussite, a déclaré par écrit le président de l’UPA régionale, Pascal Rheault. L’annonce faite ce matin par le gouvernement du Québec est un pas dans la bonne direction, mais le sous-financement de l’agriculture au Québec est toujours présent. Nous demandons toujours que les budgets du ministère de l’Agriculture passent de 1 à 2% du budget du gouvernement pour ainsi atteindre la moyenne des pays de l’OCDE.»
Une demande de longue date
Depuis plusieurs années, les agriculteurs dénoncent la ponction de montant exorbitants pour sa machinerie et le séchage du grain. Pour eux, il n’y avait pas d’autres options. Le remboursement annoncé (87M$) est donc bienvenue en raison de la flambée des prix de l’essence et du mazout.
Les sommes seront versées à la Financière agricole qui sera chargée de gérer le programme de compensation. La Première ministre souhaite que ce soit simple, sans formulaire avec des chèques ou des virements bancaires. «Dès juillet, les agriculteurs vont recevoir leur remboursement pour la saison 2026», a promis Mme Fréchette en ajoutant qu’il n’y aura même pas de paperasse à remplir.
Un programme récurrent demandé
«La première ministre a proposé, pendant la campagne à la direction, de rembourser les entreprises agricoles en matière de tarification du carbone et de soutenir davantage la relève. Aujourd’hui, elle tient promesse en annonçant que le gouvernement ira de l’avant. Il s’agit donc d’une très bonne nouvelle, surtout dans le contexte budgétaire actuel », a pour sa part déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.
L’UPA espère qu’un programme permanent et accessible à tous les producteurs pourra être créé dans le futur. « Toutes les entreprises agricoles doivent être en mesure d’éviter cette atteinte importante à leur rentabilité», a-t-on souligné dans un communiqué national.
Du soutien rehaussé pour la relève
Au niveau de la relève agricole, l’UPA souligne une grande victoire pour la hausse de 30% le montant de chacun des niveaux d’aide financière. La Fédération de la relève agricole du Québec a accueilli l’annonce avec beaucoup d’enthousiasme.
« Ça fait dix ans que je m’implique à la FRAQ, et ça doit faire encore plus longtemps qu’on demande une révision du programme, a rappelé le président de la FRAQ et producteur de lait, David Beauvais. La bonification de la subvention représente une véritable reconnaissance du rôle essentiel de la relève dans la pérennité de notre agriculture et, ultimement, de notre garde‑manger collectif.»
Pas de distinction temps plein, temps partiel
Le Programme d’appui financier à la relève offre une subvention aux jeunes de moins de 40 ans qui souhaitent démarrer leur entreprise agricole ou intégrer une entreprise existante. Les montants n’avait pas été indexés depuis une dizaine d’années.
En plus de la bonification des montants, la FRAQ se réjouit de la fin de la distinction entre relève à temps plein et à temps partiel. « Comme relève agricole qui s’est démarrée depuis quelques années, mon emploi à temps partiel est nécessaire et sécurisant financièrement, mais ça ne veut pas pour autant dire que je ne suis pas investi à temps plein dans mon entreprise, a expliqué une des membres du conseil exécutifs de la FRAQ et productrice de bison, Anouk Caron. L'abolition de la distinction est une belle avancée qui va mieux répondre à nos besoins et à notre réalité de relève en 2026. »